Écologie, pyjama à l'école... Ces sujets qui se sont invités au Conseil des ministres des enfants

La Première ministre Elisabeth Borne a animé un Conseil des ministres des enfants, ce lundi 21 novembre 2022. - JULIEN DE ROSA / AFP
La Première ministre Elisabeth Borne a animé un Conseil des ministres des enfants, ce lundi 21 novembre 2022. - JULIEN DE ROSA / AFP

"Impressionnés" par Matignon mais aussi fourmillant de propositions, une vingtaine d'enfants de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) ont eu l'occasion d'exposer ce lundi leurs idées sur l'environnement, la santé ou l'école à Elisabeth Borne et à plusieurs ministres, lors d'un conseil dédié.

"Aujourd'hui, mes ministres, c'est vous. C'est vous qui allez me donner des idées", a déclaré la Première ministre en ouvrant ce conseil des ministres des enfants "protégés", organisé au lendemain de la Journée internationale des droits de l'enfant du 20 novembre, et qui a été suivi par un comité interministériel à l'Enfance.

"Chacun de vous a été confronté très tôt à beaucoup de difficultés (...) mais aujourd'hui vous représentez tous les enfants de France", a-t-elle salué.

L'Aide sociale à l'enfance en difficulté

Cette rencontre intervient alors que les services de l'ASE sont confrontés à de grandes difficultés. La Défenseure des droits Claire Hédon s'est saisie mi-novembre de cette question, déclenchant une enquête contradictoire dans le Nord et la Somme où la situation est particulièrement délicate, tout en tirant la sonnette d'alarme sur "le manque criant" de moyens pour la quasi-totalité du territoire.

Le président Emmanuel Macron avait déjà accueilli fin 2017 à l'Elysée, avec l'Unicef, un conseil des ministres des enfants.

"Ça m'impressionne parce que c'est grand et c'est la première fois de ma vie que je fais ça", confie Ryan, 11 ans, devant son chocolat chaud servi dans un grand salon de Matignon.

Un accueil apprécié par les enfants, âgés pour la plupart de 8 à 12 ans, venus de Bordeaux, Nantes ou Lille.

"Donner la parole à ceux qu'on entend le moins"

Pour Charlotte Caubel, secrétaire d'Etat à l'Enfance, il est "important de donner la parole aux enfants qu'on entend le moins", qui "ont subi des violences" ou "ont des parcours compliqués".

Plusieurs d'entre eux vivent dans des maisons d'enfants à caractère social (MECS) où ils ont été placés par décision judiciaire.

Cette journée est "l'occasion de faire entendre leur parole sur les problématiques de tous les jours mais aussi faire remonter leurs difficultés du fait de leur situation", explique Delphine Babel, directrice d'une de ces maisons en Meurthe-et-Moselle, qui accompagne deux d'entre eux.

"Plus tard, je planterai des arbres"

Pendant qu'Elisabeth Borne reçoit à l'étage son ministre délégué des Relations avec le Parlement Franck Riester, les enfants se réunissent en petits groupes dans les salons du rez-de-chaussée pour élaborer des propositions sur cinq thèmes: l'école, l'environnement, la santé et le handicap, l'accès à la culture et au sport, et le numérique.

"Si je devais demander une chose à la Première Ministre, ce serait qu’on plante des arbres. Je trouve qu’on ne plante pas assez d’arbres, qu’on en coupe beaucoup. Si les arbres meurent, et les plantes, et les animaux, c’est terrible, ça m’inquiète beaucoup. Je ne suis pas sûr qu’ils aient bien compris", explique Warrick, 12 ans," auprès de BFMTV.

"Plus tard je ferai ça, je planterai des arbres et je soignerai les animaux parce que si y’en a plus, c’est fin de l’histoire", poursuit le petit garçon.

À l'atelier sur l'école, Clarisse, 11 ans, en CM2 à Bordeaux, qui a subi des moqueries pour son physique, demande qu'on fasse "plus attention aux bagarres" dans la cour. "On veut vous dire que le harcèlement scolaire c’est très difficile", abonde une autre enfant.

Une journée par an en pyjama à l'école

Interne en maison spécialisée, Muhammed Ali, 12 ans, ne sait pas bien écrire et demande à l'éducatrice de mettre sur le papier ses revendications. Pour l'école, "on aimerait bien changer les conditions de travail", des toilettes propres, "faire des activités sportives, plus de langues et plus d'expériences".

À la grande table du conseil fictif, huit ministres ont pris place entre les enfants. Grégory, 10 ans, qui vient du Rheu, près de Rennes, trouve que les terrains de foot au Qatar "en plein désert, ça pollue énormément. Si je serais (sic) ministre (...) j'aurais dit de reporter les matchs en 2023 pour qu'ils soient (organisés) ailleurs".

La ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra lui promet qu'"à l'avenir, on veut que les grands événements prennent des engagements" sur l'environnement et rappelle que la France veut "diviser par deux" ses émissions de carbone aux JO 2024.

Aby Diop, 16 ans, réclame, lui, "des amendes" pour les parents qui mettent leurs enfants devant des écrans avant 3 ans. Sarah El Hairy, qui représente le ministre de l'Education Pap Ndiaye, leur propose de devenir "ambassadeurs" contre le harcèlement, y compris cyber. Sur la santé, Kelyah, 12 ans, suggère à l'école, "plus d'arbres, plus de sport et... une journée par an en pyjama". "Très bonne idée!", estime le ministre de la Santé François Braun.

Article original publié sur BFMTV.com