Zemmour veut "interdire les prénoms étrangers" en France: que dit la loi?

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L'attribution du prénom Alexa a chuté de 33% aux Etats-Unis - Sous licence Creative Commons CC0
L'attribution du prénom Alexa a chuté de 33% aux Etats-Unis - Sous licence Creative Commons CC0

Peut-on faire ce que l'on veut lorsqu'il s'agit de choisir un prénom pour son futur enfant? Alors que le sujet fait à nouveau la une depuis qu'Éric Zemmour a estimé qu'il ne fallait pas autoriser les prénoms "étrangers" en France, y compris les "Jordan et les Kévin", la question se pose. Quelles sont les règles concernant les prénoms que l'on peut, ou pas donner à son bambin en France?

Jusqu'en 1993, la loi française limitait les possibilités de prénoms que l'on pouvait choisir. Avec la loi de 1803 à laquelle fait d'ailleurs référence Éric Zemmour, seuls les prénoms issus des différents calendriers et de l'histoire ancienne étaient autorisés.

Mais depuis, la législation en question a été assouplie en 1966, puis supprimée en 1993, et une liberté quasi-totale est désormais laissée aux familles. Alors depuis, les parents ne manquent pas d'imagination: références cinématographiques ou littéraires, prénoms rétro ou complètement inventés...Tout est bon pour faire en sorte que son enfant sorte du lot. Jesunette, Alkapone, Zac-Harry ou encore Tarzan... Depuis 2012, "La ligue des officiers d'État civil" recense même les prénoms les plus originaux.

Possibilité de refus de la justice

Cependant, il y a certaines limites. Si l'officier d'État civil ne peut pas vous refuser de prénom, il peut avoir recours à la justice et avertir le procureur de la République si le choix est jugé "contraire à l'intérêt de l'enfant". S'il s'avère grossier ou ridicule par exemple. C'est ensuite le juge des affaires familiales qui a le pouvoir de retoquer le prénom, voire d'en choisir un nouveau pour l'enfant si le désaccord subsiste avec la famille.

Bâbord et tribord pour des jumeaux? Refusé. Mégane si la famille s'appelle Renaud? Refusé. Le 7 novembre 2009, un couple de l’Oise n'a pas pu appeler son enfant "Titeuf" et en 2014, c'est à Valenciennes qu'une petite "Nutella" a vu son prénom être retoqué par le juge.

Alors non, on ne peut pas faire totalement ce que l'on veut en France concernant les prénoms, mais on peut s'autoriser de nombreuses libertés. Beaucoup plus que dans certains autres pays d'ailleurs.

En Islande par exemple, il existe un Comité des noms, le Mannanafnanefnd, qui veille à ce que les Islandais choisissent l'un des prénoms officiels acceptés. Il existe un registre comptant plus de 3000 prénoms, qui respectent "la tradition linguistique islandaise". Une réglementation que certains trouveront archaïque alors que les mœurs évoluent, mais qui permet certainement d'éviter quelques excès.

Article original publié sur BFMTV.com

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