Violences à Mayotte : la député Estelle Youssouffa lance un cri d’alerte

Member of Libertes, Independants, Outre-mer et Territoires group Estelle Youssouffa speaks during a session of questions to the government at The National Assembly in Paris on November 22, 2022. - The National Assembly is expected to approve on November 22, 2022 a draft law on programming and orientation of the Ministry of the Interior: 15 billion euros over five years, and measures that appeal to the right but divide the left. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
THOMAS SAMSON / AFP Member of Libertes, Independants, Outre-mer et Territoires group Estelle Youssouffa speaks during a session of questions to the government at The National Assembly in Paris on November 22, 2022. - The National Assembly is expected to approve on November 22, 2022 a draft law on programming and orientation of the Ministry of the Interior: 15 billion euros over five years, and measures that appeal to the right but divide the left. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

SÉCURITÉ - Face à la violence qui agite Mayotte « depuis des années », Estelle Youssoupha, députée (LIOT) du département d’Outre-Mer, a appelé sur Télématin ce vendredi 25 novembre à un sursaut des pouvoirs publics. « On redoute un bain de sang. Le sentiment d’abandon va faire craquer les gens qui vont finir par se faire justice eux-mêmes », a-t-elle alerté.

« Nos bourreaux sont face à nous et sortent l’après-midi même, exprimait-elle quelques secondes plus tôt. C’est la réalité à Mayotte, le procureur de la République dit qu’il faut faire de la prévention et n’utilise pas de condamnations pour barbarie ou torture quand il y a des gens qui sont découpés en morceaux ou qu’on lacère au cutter. »

Alors que Mayotte est agitée depuis une dizaine de jours par des conflits interquartiers qui ont fait un mort et plusieurs blessés, Estelle Youssouffa dénonce le sentiment d’abandon de la population face aux agissements des bandes violentes. « Nous, ça fait des années que l’on ne sort plus après 18 heures, a-t-elle appuyé. On est prisonnier chez nous et les barbares sont en liberté. »

Le président promet des réformes « en profondeur »

« On attaque nos enfants à la machette dans les bus scolaires ! Que faut-il de plus pour que l’État réagisse ? », a-t-elle encore interrogé. Avant de surenchérir : « Si des élus demandent l’État d’urgence militaire à Mayotte ce n’est pas pour rien ! »

Mardi 23 novembre, face à l’urgence, le gouvernement a décidé du déploiement d’une unité du Raid, le groupe d’intervention d’élite de la police sur l’archipel. « En effet ça a calmé la situation (...) mais on a besoin d’un choc de souveraineté », a appuyé Estelle Youssoupha sur Télématin, réclamant « des lois d’exception ».

Interpellé en milieu de semaines au Salon des maires à Paris, le président Emmanuel Macron a dit vouloir « lancer un travail plus vigoureux » avec les Comores et mettre plus de « moyens militaires (...) » pour « stopper les départs » de migrants vers Mayotte.

« Face à ce phénomène, on va avoir d’abord une réponse sécuritaire au plus vite, ensuite de coopération mais avec beaucoup de force (...), a expliqué le chef d’État. On doit poursuivre le travail en profondeur de réformes sur Mayotte, parce qu’on voit bien qu’aujourd’hui notre situation, nos règles, doivent être adaptées face à la réalité du terrain », a-t-il assuré.

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