Vila-Matas, autant en emporte le ventriloque

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«Des fictions qui rebondissent et se déploient au-delà de moi, au-delà d’eux, au-delà de la nuit et des collines dévastées de Sanaa, au-delà même de l’Arabie heureuse et de tout ce qu’a été ma vie, ma vie qui, apparemment sans raison, me fait pleurer ce soir, comme il faudrait pleurer à la fin de chaque livre, à la fin de toutes les histoires que l’on s’apprête à quitter.» C’est ainsi que s’achève Une maison pour toujours, recueil de nouvelles d’Enrique Vila-Matas, né à Barcelone en 1948, traduit chez Bourgois en 1993. Le narrateur de Mac et son contretemps, le nouveau livre d’Enrique Vila-Matas, en plus d’écrire un faux livre posthume, a l’ambition de réécrire un livre de son voisin Ander Sanchez, l’«écrivain barcelonais reconnu», qui s’intitule «Walter et son contretemps» et dont le héros est un ventriloque, personnage qui traverse également Une maison pour toujours. Comme si c’était vraiment trop difficile de quitter une histoire et que les thèmes de la répétition et de la modification qui hantent Enrique Vila-Matas depuis le début de son travail d’écrivain trouvaient donc ici une nouvelle manière de se déployer.

D’autant que le narrateur de Mac et son contretemps, dont il s’avère qu’il n’y a pas que les lecteurs qui ne doivent pas lui faire confiance, prétendument concentré à repousser «la menace du roman», a «toujours souhaité démythifier la supposée transcendance des citations» et «cherche à faire en sorte que certaines des choses racontées dans ses récits arrivent au lecteur». Il n’aime pas quand le hasard semble «excessif» et que les romanciers «insultent l’intelligence du lecteur en faisant advenir des choses spectaculaires dans leurs récits» comme cela aurait pu arriver dans Une maison pour toujours. C’est que, parfois, il «oublie que l’idiotie n’est pas un défaut de l’époque, mais qu’elle a toujours existé, qu’elle est congénitale de la condition humaine».

Ce qu’est écrire (et ne pas écrire) est un des thèmes permanents d’Enrique Vila-Matas. On lit dès la (...)

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