Publicité

UFC 299: Pourquoi Benoît Saint Denis est un combattant à part (et une graine de superstar)

Une histoire de guerrier

C’est l’histoire d’un homme qui a servi dans l’élite de l’armée et qui atteint désormais l’élite de son sport. Fan de la mythologie des chevaliers dans sa jeunesse, Benoît Saint Denis a "toujours voulu être un guerrier". Au point de s’engager comme militaire à la sortie de l’adolescence (18 ans) et de rejoindre les Forces Spéciales de l’armée de terre, notamment envoyé dans les opérations dans le Sahel. Un métier qui lui a fait vivre des situations à tension extrême et qui a façonné une mentalité "ne jamais rien lâcher" qui lui sert aujourd’hui dans la cage.

>> Vivez le choc Poirier-Saint Denis et l'UFC 299 avec les offres RMC Sport

Ancien judoka dans l’enfance, le futur "God of War" se met à pratiquer le jiu-jitsu brésilien en 2018. Avant de débuter en parallèle le pieds-poings. La logique d’associer les deux le mène au MMA, où il remporte un premier tournoi amateur en septembre 2018. Un stage de détection organisé quelques semaines plus tard par Daniel Woirin, coach qui a travaillé avec plusieurs légendes de la discipline (Anderson Silva, Lyoto Machida, Dan Henderson). Woirin ne le sélectionne pas mais le rappelle vite. Le duo se forme en janvier 2019. Encore sous contrat avec l’armée, "BSD" dispute ses deux premiers combats professionnels alors qu’il est encore militaire. Avec 24 mois de chômage devant lui, il se donne deux ans pour en faire son métier et pouvoir en vivre.

Une trajectoire météorite à l’UFC

Après 8 victoires (contre aucune défaite) dans différentes organisations plus ou moins mineures, dont le Brave, Benoît Saint Denis rejoint en octobre 2021 la prestigieuse UFC, la plus grosse de la planète MMA. Un premier combat dans son ancienne catégorie des -77 kilos qui le voit être battu par le Brésilien Elizeu Zaleski dos Santos au bout de 15 minutes où il a subi des phases de domination sévères mais ne tombe jamais. Enfin dans la catégorie qu’il vise à l’UFC, les -70 kilos, "BSD" va entamer sa montée en puissance façon météorite. Niklas Stolze et Gabriel Miranda tombent en 2022, sur soumission et TKO, le second lors de la première édition de l’UFC Paris où Saint Denis restera à jamais le premier Français à avoir combattu sur son sol pour la grande organisation américaine.

Après quelques mois d’absence, notamment en raison d’une blessure à la cheville, il revient aux affaires en juillet 2023 à Las Vegas. L’UFC a mis sur sa route Ismael Bonfim, considéré comme un gros espoir de la discipline. Beaucoup voient "BSD" perdre. Mais dès les premiers coups de pied au corps, on a compris. Le Brésilien n’est pas prêt à la déferlante qui le foudroie. Soumission au premier round pour le Français. Désormais lancé pleine vitesse. Le très coté Thiago Moises à l’UFC Paris 2 en septembre 2023? TKO au deuxième round. Matt Frevola, son premier top 15 de la catégorie, affronté chez lui à New York (Madison Square Garden) en novembre dernier en ouverture de l’UFC 295? KO au premier round après un coup de pied à la tête magistral. Saint Denis intègre enfin le top 15. La tête tournée vers les sommets.

Un style spectaculaire

Fidèles aux valeurs guerrières cultivées depuis son enfance, Benoît Saint Denis combat avec un style qui leur correspondent. Le Français rentre dans la concurrence, quitte à laisser quelques failles défensives, et finit par les éteindre à force de furies de coups. Avec lui, il n’y a pas de décision. En treize victoires chez les professionnels, "BSD" n’a jamais dû passer par les juges pour lever la main. Il a terminé toutes ses victimes avant la limite. De quoi plaire aux fans mais aussi à l’UFC, où faire le spectacle vous permet de grimper l’escalier plus vite. La décision de proposer le combattant tricolore à Dustin Poirier, une des plus grosses stars actuelles de l’organisation et bien mieux classé que lui dans le top 15 actuellement (troisième contre douzième), en est une nouvelle preuve. Avec deux hommes connus pour leur capacité à faire la "guerre" à l’adversaire, ce choc est une garantie de spectacle.

Il sait aussi faire le show au micro

"Personne ne tient trois fois cinq minutes avec moi dans cette catégorie!" Le discours de Benoît Saint Denis après sa victoire sur Thiago Moises à l’UFC Paris 2 résume bien le bonhomme face au micro. Peur de rien et une volonté de lancer les plus gros défis possibles. Après ses deux dernières victoires, il a répété son objectif: remporter la ceinture des -70 kilos, une des catégories les plus relevées à l’UFC, et venir la défendre en France. Il évoque aussi tous les grands noms de sa catégorie, à l’image du champion "BMF" Justin Gaethje ou de… Dustin Poirier. Après la victoire sur Frevola, beaucoup pensaient que "BSD" aurait besoin d’une étape intermédiaire avant de pouvoir rêver à ce genre d’adversaires. Mais ses performances ont convaincu et Poirier a accepté de l’affronter pour se tester face à "ce jeune homme qui a du feu dans les yeux, qui est un jeune lion et qui finit ses adversaires". Un rendez-vous à portée historique.

Un événement à portée mondial

La France du MMA avait les yeux rivés sur le choc entre Cédric Doumbè et Baki ce jeudi soir au PFL Paris. Mais avec Poirier-Saint Denis, on entre dans une tout autre dimension sportive. C’est simple. Le Français fait face à un des plus grands jamais opposés à un combattant tricolore en MMA derrière Jon Jones (Ciryl Gane) mais dans des eaux similaires ou pas loin de celles de Francis Ngannou (Gane), Rose Namajunas (Manon Fiorot), Cain Velasquez (Cheick Kongo), Frank Mir (Kongo) ou Mauricio "Shogun" Rua (Cyrille Diabaté au PRIDE). On pourrait aussi citer Fabricio Werdum (Kristof Midoux au WAFF) ou Islam Makhachev (Mansour Barnaoui au M-1) mais les deux étaient beaucoup plus en début de carrière.

S’il n’a jamais gagné le titre incontesté à l’UFC au contraire de tous les autres, battu par Khabib Nurmagomedov et Charles Oliveira les deux fois où il a eu sa chance, l’Américain lié à la France par ses origines familiales en Louisiane a affronté et battu une liste ultra impressionnante de grands combattants: Jim Miller, Anthony Pettis, Justin Gaethje, Eddie Alvarez, Max Holloway deux fois, la superstar Conor McGregor par deux fois aussi, ou encore Michael Chandler. Toujours dans son style guerrier et spectaculaire. Bref, affronter Poirier, c’est affronter une légende de la discipline. Le tout dans le co-main event (co-combat principal) de l’UFC 299, une des plus grosses cartes de l’année et même de l’histoire. Un événement dont la portée dépasse très largement les frontières françaises. Avec une série qui va prendre fin. Saint Denis n’a jamais perdu en -70 kilos à l’UFC. Et Poirier, qui sort d’une défaite contre Gaethje pour la ceinture "BMF" l’été dernier, n’a jamais été battu deux fois de suite dans sa carrière. Ça va être chaud, et show, à Miami.

Article original publié sur RMC Sport