Tsipras déterminé à maintenir la Grèce dans la zone euro

par Renee Maltezou et Deepa Babington
Alexis Tsipras, chef de file du parti de la gauche radicale grecque Syriza, se dit déterminé à maintenir la Grèce dans la zone euro en cas d'arrivée au pouvoir mais ajoute dans une interview accordée jeudi à Reuters qu'il reviendrait sur les politiques d'austérité et négocierait un allègement de la dette avec les créanciers d'Athènes. /Photo prise le 18 décembre 2014/REUTERS/Alkis Konstantinidis

par Renee Maltezou et Deepa Babington ATHENES (Reuters) - Alexis Tsipras, chef de file du parti de la gauche radicale grecque Syriza, se dit déterminé à maintenir la Grèce dans la zone euro en cas d'arrivée au pouvoir mais ajoute dans une interview accordée jeudi à Reuters qu'il reviendrait sur les politiques d'austérité et négocierait un allègement de la dette avec les créanciers d'Athènes. Syriza, donné en tête des intentions de vote par les instituts de sondage, ne prendrait pas de mesures unilatérales, ajoute-t-il. "En ce qui concerne la dette et les accords de crédit que nous renégocierons, nous n'avons nullement l'intention d'agir de manière unilatérale à moins qu'ils nous forcent à le faire, même si je ne pense pas que quiconque nous forcera à agir ainsi, parce que nul ne bénéficierait d'une telle évolution, au coeur de l'Europe", explique-t-il. Syriza, affirme Tsipras, est déterminé à conserver l'euro, et cet engagement devrait aussi être celui des partenaires de la Grèce au sein de la zone euro. Il indique que les crédits accordés par le Fonds monétaire international devront être remboursés mais estime en revanche que l'Union européenne devra réduire ou effacer une large part de la dette grecque et qu'il faudra obtenir un rééchelonnement de l'échéance des obligations détenues par la Banque centrale européenne. "Négociation signifie que nous voulons une solution consentie", dit-il. Les perspectives d'élections législatives anticipées demeurent entières en Grèce après l'échec mercredi du premier tour de l'élection présidentielle par les députés. Stavros Dimas, le candidat présenté par le Premier ministre Antonis Samaras, n'a obtenu que 160 voix sur 300, soit guère plus que les 155 voix de la coalition formée par Nouvelle démocratie de Samaras et ses alliés socialistes du Pasok. Pour être élu au premier comme au deuxième tour, 200 voix sont nécessaires. Il lui en faudra au moins 180 lors du troisième et dernier tour, prévu le 29 décembre. A défaut, Samaras n'aura d'autre choix que de dissoudre le Parlement et convoquer des législatives anticipées. Tsipras exclut de coopérer avec Samaras à qui l'on prête la volonté de forger une coalition élargie pour éviter un retour prématuré aux urnes. Un sondage publié mercredi soir après l'échec du premier tour de l'élection présidentielle au Parlement donne Syriza en tête des intentions de vote avec 28,5% des voix contre 24,9% pour Nouvelle démocratie. (Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün)