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"Je trouvais ça normal": Karin Viard témoigne à son tour sur les comportements abusifs dans le cinéma

Si aujourd'hui Karin Viard souhaite que "la honte change de camp", elle admet volontiers qu'elle a longtemps trouvé "normal" les comportements abusifs et misogynes dont elle a pu être victime ou témoin dans le cinéma.

"J'ai trouvé normal des comportements qui effectivement aujourd'hui, je trouve, parfaitement anormaux. Mais cette normalité là, elle existe. Moi, je peux en parler en tant que victime parce que j'ai été victime de comportements totalement abusifs, et totalement inappropriés", a livré la comédienne dans l'émission La Bande originale sur France Inter, lundi 26 février.

La comédienne raconte également ses souvenirs de tournage avec Gérard Depardieu. L'acteur est visé par une nouvelle plainte, depuis dimanche 25 février, déposée par une décoratrice, qui accuse notamment l'acteur de lui avoir touché à deux reprises "la poitrine et les fesses", sur le tournage du film Les Volets verts, en 2021.

"Je me suis fait peloter par Gérard Depardieu"

C'est ce qui est arrivé à Karin Viard sur le tournage du film Potiche de François Ozon, en 2010. "Je me suis fait peloter par Gérard Depardieu. Je lui ai dit 'Oh mais ça va pas!' Et il a arrêté immédiatement. Mais moi, dans mon organisation psychique, je n'ai jamais pensé que la société devait me défendre. J'ai toujours pensé que moi, je devais me défendre en fait."

Karin Viard évoque "le contexte de l'époque qui rend tolérable un nombre de trucs qui ne le sont pas du tout."

"Moi, quand je suis arrivée, je trouvais normal que les hommes soient plus payés que moi. Que l'on parle des femmes devant moi de façon complètement misogyne. Je trouvais ça normal. Je disais 'ils sont un peu lourds. Que l'on me pelote, que l'on me moleste un peu physiquement. Que l'on me foute une main au cul...", souligne encore la comédienne, âgée de 58 ans, regrettant d'avoir "participé de cette chose ignoble, en l'acceptant et en trouvant ça pas si choquant que ça au fond".

Saluant le mouvement metoo qui secoue aujourd'hui le milieu du cinéma, et met en lumière les abus et les inégalités, Karin Viard invite les femmes à se sentir "parfaitement légitimes de se défendre toutes seules", et non pas des "victimes".

Karin Viard est à l'affiche du film Madame de Sévigné, en salles ce mercredi, aux côtés d'Ana Girardot, Cédric Kahn et Noémie Lvovsky.

Article original publié sur BFMTV.com