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Travaux d'intérêt éducatifs, internat pour les mineurs délinquants: Dupond-Moretti veut "aider la maman solo"

De la satisfaction. Plus de sept mois après les émeutes liées à la mort de Nahel, tué d'un tir de policiers, Éric Dupond-Moretti salue les annonces de Gabriel Attal lors de son discours de politique générale. Le Premier ministre a notamment annoncé la création de travaux d'intérêt éducatif pour les délinquants de moins de 16 ans.

La première mesure vise à pouvoir imposer par décision judiciaire à des jeunes passés devant la justice des travaux de réinsertion. Jusqu'ici, ce n'était pas possible pour des mineurs de moins de 16 ans.

"Le travail d’intérêt général, c'est un travail. Or, les conventions internationales nous interdisent de faire travailler les enfants. Alors que fallait-il faire? Soit rien, soit prendre la situation en charge et faire en sorte que des mineurs soient pris en charge avant l’âge de la responsabilité pénale", explique le garde des Sceaux ce mercredi sur France info.

Gabriel Attal a appelé mardi à "revenir à un principe clair: 'tu casses, tu répares; tu salis, tu nettoies; tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter'".

"Un coup de main" pour "les mamans dépassées"

Seconde annonce du Premier ministre: le lancement d'internat pour les jeunes délinquants quand les parents sont "dépassés".

"On a 60% des gamins qu'on a retrouvé dans les émeutes qui sont élevés par une femme seule. Comment va-t-on appréhender la situation d'un gamin qui traîne dans la rue à 2 heures du matin à 13 ans si sa maman est solo, dépassée et fait le ménage la nuit dans les bureaux ?", se demande Éric Dupond-Moretti.

"On va proposer aux services de police d'aller voir cette dame, de lui demander 'est-ce que vous voulez qu'on vous file un coup de main? Est-ce que vous voulez qu'on le sorte du quartier? Est-ce que vous voulez qu'on le rescolarise?'", avance encore Éric Dupond-Moretti.

Un dispositif aux contours flous

Le ministre de la Justice évoque "une prise en charge du gamin" pour "le remettre dans les rails de l'école" et lui "donner un peu de valeurs républicaines". Au menu de "cette mesure sociale": l'intervention de militaires, de gendarmes, de policiers.

Le dispositif reste cependant encore très flou. Éric Dupond-Moretti n'a pas su indiquer de date précise pour son lancement ni indiquer où ces internats pourraient se déployer et avec quels moyens éducatifs pour accueillir les professeurs en charge de la rescolarisation de ces jeunes.

Au total, 1.180 mineurs avaient été identifiés par la justice comme auteurs d'infractions lors des émeutes, avait indiqué la Chancellerie. Parmi eux, 40% étaient âgés de 13 à 15 ans.

Article original publié sur BFMTV.com