"Comme si Tony Parker jouait en charentaise": les Jeux paralympiques d’une Française en péril après la destruction de son fauteuil dans un avion

Sa saison, peut-être la plus importante de sa carrière avec les Jeux paralympiques de Paris en ligne de mire, a basculé devant le carrousel à bagages de l'aéroport Toulouse-Blagnac. C’est ici, le 11 février dernier, que Julie Marchand a découvert l’ampleur des dégâts. "Le fauteuil était complètement broyé, mon protège-vêtements ressemblait à une lame de rasoir, mes sangles étaient brûlées et la potence du fauteuil était enfoncée", se remémore-t-elle dans les colonnes d’Ouest-France. "Tout s’arrêtait, j’étais en état de sidération. Immédiatement, j’ai pensé à la suite."

De passage dans la Ville rose pour un stage avec l’équipe de France de handibasket, Julie Marchand a eu la très désagréable surprise de récupérer son fauteuil "complètement broyé". Un mois plus tôt, elle avait dépensé 9.000 euros pour cet équipement fait sur mesure et adapté à la pratique du handibasket à haut niveau. En l’espace d’un vol en avion, elle a perdu l’intégralité ou presque de son investissement.

Un préjudice sportif

Après avoir effectué de multiples démarches auprès de la compagnie low-cost Easyjet, coupable d’avoir brisé son fauteuil lors du déchargement de l’avion, Julie Marchand a été remboursée à hauteur de 1.600 euros, bien loin de la valeur d'origine de son fauteuil. Avec son passage dans une émission de Julien Courbet sur RTL, elle a réussi à mobiliser de nombreux donateurs qui, grâce à leur générosité, ont remboursé l’intégralité du fauteuil. Mais les délais pour confectionner un nouvel équipement sur-mesure sont bien trop longs pour espérer qu'il soit opérationnel lors du Tournoi de qualification paralympique (au mois d’avril au Japon).

Lors de cette mésaventure, la Française a donc bien perdu bien plus qu’un fauteuil dernier cri. Dans ce malheureux déchargement de bagages, c’est une partie de ses ambitions qui se sont envolées. Julie Marchand a en effet été contrainte de se rabattre sur son ancien fauteuil, un équipement bien moins performant que celui de ses coéquipières sous le maillot de l'équipe de France.

"J’ai conscience que je risque d’avoir moins de temps de jeu avec les Bleues", souffle la handibasketteuse auprès d’Ouest-France. "Maintenant, elle n’a plus aucun repère. C’est comme si on demandait à Tony Parker de jouer en charentaise. C’est loin d’être anodin, confie Frédéric Guyot, son sélectionneur. Remettre sa sélection en jeu? Peut-être pas. Mais, forcément, on va revoir son positionnement et sa hiérarchie dans l’équipe", conclut-il.

Article original publié sur RMC Sport