Syrie: le trafic à l'aéroport de Damas arrêté plusieurs heures après des frappes israéliennes

L'aéroport international de Damas a été mis hors service lundi par des frappes israéliennes. - LOUAI BESHARA
L'aéroport international de Damas a été mis hors service lundi par des frappes israéliennes. - LOUAI BESHARA

Cela n'était pas arrivé depuis juin dernier. L'aéroport international de Damas a été mis temporairement à l'arrêt dans la nuit de dimanche à lundi par des bombardements attribués à Israël. Ces frappes ont fait quatre morts dont deux soldats syriens, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les vols ont repris à partir de 9h sur l'une des pistes.

C'est la deuxième fois en moins de sept mois que l'aéroport de la capitale syrienne, où des groupes armés soutenus par l'Iran et des combattants du Hezbollah libanais sont présents, est mis hors d'usage par Israël.

"Quatre combattants, dont deux soldats syriens, ont été tués par le bombardement israélien", a déclaré Rami Abdul Rahman, le chef de l'OSDH, organisation basée au Royaume-Uni. Il n'a pas été en mesure de préciser la nationalité des deux autres tués.

L'aéroport "hors service"

L'agence officielle syrienne Sana, citant une source militaire, a pour sa part affirmé que deux soldats syriens avaient péri dans cette attaque, qui a eu lieu lundi vers 2 heures (23 heures GMT dimanche).

"L'ennemi israélien a mené une agression aérienne à l'aide d'un barrage de missiles, visant l'aéroport international de Damas et ses environs", et causant "la mort de deux soldats, des blessures à deux autres" et des dégâts matériels, a indiqué l'agence. L'aéroport est "hors service", a-t-elle ajouté.

Selon le chef de l'OSDH, l'attaque israélienne a visé "des positions du Hezbollah et de groupes pro-iraniens dans l'aéroport et ses environs, y compris un dépôt d'armes".

Depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011, Israël a mené des centaines de frappes aériennes chez son voisin, ciblant des positions de l'armée syrienne, des forces pro-iraniennes et du Hezbollah libanais. L'État hébreu commente rarement ses frappes contre la Syrie mais affirme qu'il ne permettra pas à l'Iran d'étendre son influence en Syrie.

"Hezbollah 2.0"

Le 28 décembre, le chef de la direction des opérations de l'armée israélienne, le général de division Oded Basiuk, avait évoqué ces raids en Syrie en présentant ses perspectives opérationnelles pour 2023.

"Nous constatons que notre plan d'action en Syrie est un exemple de la façon dont une action militaire continue et persistante conduit à façonner et à influencer toute la région", avait tweeté Tsahal (l'armée de l'État d'Israël) en rendant compte de la présentation du général Basiuk.

"Nous n'accepterons pas un Hezbollah 2.0 en Syrie", avait ajouté l'armée israélienne.

Le 10 juin avant l'aube, l'aviation israélienne avait déjà bombardé l'aéroport situé dans le sud de la capitale syrienne, mettant les pistes d'atterrissage hors service pendant près de deux semaines. L'aéroport d'Alep, le deuxième plus important du pays, avait également dû fermer plusieurs jours durant en septembre à la suite de raids israéliens.

Déclenchée par la répression de manifestations pro-démocratie, la guerre en Syrie a fait environ 500.000 morts, dévasté les infrastructures du pays et déplacé des millions de personnes.

Après des années de combats et de bombardements sanglants, le conflit s'est largement atténué au cours des trois dernières années. Des combats sporadiques éclatent parfois, et les attaques jihadistes se poursuivent, principalement dans l'est du pays.

Article original publié sur BFMTV.com