Suicide de Lucas: le collège avait été alerté du harcèlement de l'adolescent

Le collège Louis Armand de Golbey, dans les Vosges - BFMTV
Le collège Louis Armand de Golbey, dans les Vosges - BFMTV

Le collège de l'adolescent était au courant. Quelques jours se sont écoulés après le suicide de Lucas, 13 ans, le 7 janvier dans les Vosges, et on en apprend un peu plus sur son quotidien dans l'établissement et notamment sur les faits de harcèlement dénoncés par ses parents, notamment en lien avec son orientation sexuelle.

Au sein du collège Louis-Armand de Golbey, dans les Vosges, où Lucas était scolarisé, plusieurs élèves confient qu'ils savaient, avant sa mort, que l'adolescent était victime de moqueries.

"Il y avait des remarques sur son physique ou son aspect parce qu'il était gay", assure au micro de BFMTV la jeune Léa, qui préfère témoigner anonymement.

Des signalements dès l'automne

Ces propos corroborent ceux tenus par Lucas et ses proches. L'adolescent et sa mère avaient fait part à l'établissement de "moqueries" et d'insultes liées à son orientation sexuelle dès la première réunion parents-professeurs en septembre dernier.

"Des signalements ont été opérés au cours de l'automne", a confirmé vendredi le ministre de l'Éducation nationale.

Une enquête administrative a été ouverte en plus de l'enquête préliminaire pour "harcèlement sur mineur de moins de 15 ans et harcèlement scolaire", a indiqué Pap Ndiaye.

"Il revient à l'enquête administrative de déterminer pourquoi on est arrivés à une issue fatale", a-t-il appelé.

Un protocole anti-harcèlement pourtant en place

Dans son journal intime, Lucas avait fait part de sa volonté de mettre fin à ses jours, mais sans faire référence au harcèlement, selon le procureur de la République d'Épinal Frédéric Nahon.

Le collège Louis-Armand fait pourtant partie des établissements concernés par le programme pHARe (programme de lutte contre le harcèlement à l'école). Ce protocole à destination des collèges et des lycées propose des mesures spécifiques destinées à la fois à prévenir des faits de harcèlement survenant dans un établissement scolaire et à donner des outils au personnel pour intervenir.

La mère de Lucas sera entendue lundi par le procureur. Les obsèques de l'adolescent ont lieu ce samedi, avant une marche blanche prévue dans les prochains jours.

Article original publié sur BFMTV.com