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Suicide d'Evaëlle: ses parents accusent l'enseignante renvoyée en correctionnelle d'avoir "légitimé son harcèlement"

"De part son statut de professeur, elle a légitimé un harcèlement. Elle a montré qu'Evaëlle pouvait être considérée comme faible et cela a été repris par les élèves”. Marie, la mère de la collégienne de 11 ans qui a mis fin à ses jours le 21 juin 2019, est revenue ce vendredi 22 mars sur BFMTV sur les souffrances vécues par sa fille après de longs mois de moqueries, d'insultes, de violences de la part de certains de ses camarades mais aussi des remarques répétées de sa professeure de français.

L'enseignante vient d'être renvoyée devant le tribunal correctionnel de Pontoise pour des faits de harcèlement moral à l'encontre de la petite fille de 11 ans. "Ces actes et paroles répétés à l'encontre d'Evaëlle ont incontestablement causé une dégradation des conditions de vie altérant la santé de la jeune fille”, souligne la juge d'instruction dans son ordonnance de renvoi. La justice écarte néanmoins le lien de causalité entre ces violences morales et la mort de la petite fille.

“C’est passé de brimades verbales à de la violence physique"

“Elle lui a fait vivre un véritable enfer”, témoigne la mère d’Evaëlle qui explique avoir été mise au courant des agissements de cette enseignante après une discussion avec d'autres parents d’élèves. Si les aïeux de la petite fille révèlent que les remarques ont cessé après une première rencontre avec l’enseignante, cela a repris par la suite.

“Elle a mis en place des ‘heures de vie de classe’ où Evaëlle devait exprimer devant tout le monde pourquoi elle se sentait harcelée”, signale Sébastien son père.

D’autant que, selon les parents, le comportement de la professeure a légitimé les faits de harcèlement de ses camarades. Des actes qui sont devenus de plus en plus violents. “C’est passé de brimades verbales à de la violence physique. À un moment donné, on a décidé de la changer de collège,” souffle Sébastien.

Car dans le même temps, les parents sont confrontés à un manque d’accompagnement de la part de l’établissement dans lequel Evaëlle est scolarisée. “On a transmis des témoignages à l’administration du collège. Notre erreur a été de leur faire confiance”, clame-t-il.

Incompréhension

Près de cinq ans après le drame, les parents de la jeune fille ne comprennent toujours pas comment l’enseignante a pu rester en poste. “Le principal de l’ancien collège où elle enseignait nous a dit ”on le savait (pour le harcèlement d’élèves, NDLR) c’était de pire en pire d’année en année, expose Marie. Je trouve cela dramatique qu’on attende qu’il y ait un suicide pour qu’on lui interdise d’enseigner.”

De son côté, la professeure de français, qui n'a plus le droit d'enseigner depuis 2020, réfute le harcèlement moral et promet de s'en expliquer devant les juges. "Je souhaite souligner que la mise en cause initiale de ma cliente dans le décès tragique d'Evaëlle est totalement écartée", a relevé de son côté Me Marie Roumiantseva, conseil de l'enseignante.

Article original publié sur BFMTV.com