Publicité

Un statut de favori à l'Euro, une génération dorée: l'Angleterre crée encore l'emballement... un excès d'optimisme?

Vu de l'extérieur, c'est comme une petite musique qui se répète tous les deux ans. Tout un pays s'unit derrière les Three Lions, espère un titre international qui fuit la sélection depuis 1966 et commence à entonner à tue-tête le fameux "It's coming home". L'Euro 2024 ne fait pas exception. Encore plus que d'habitude, l'Angleterre, emmenée par une génération dorée, pense que son heure est enfin arrivée.

Peu importe la récente défaite en amical contre le Brésil, ce week-end, l'Angleterre reste le favori du prochain Euro pour les bookmakers - devant la France. Les Three Lions sont cotés autour de 3 et cumulent à peu près tout ce qu'on attend d'une équipe destinée à enfin soulever un trophée majeur, après une demi-finale au Mondial 2018, une finale à l'Euro 2021 et un quart de finale au Mondial 2022.

Ian Wright, dans l'émission Overlap de Gary Neville, résumait le sentiment général il y a déjà plusieurs mois : "On a tiré plus qu'assez d'expérience des précédentes compétitions pour cette fois aller au bout. Qui va gagner ? L'Angleterre, ajoute l'ancien attaquant d'Arsenal. On a été si proches lors des dernières années, c'est peut-être le dernier moment pour y arriver."

"On a le sentiment que c'est le moment"

Au cours des qualifications, la sélection anglaise a marqué les esprits. Six victoires et deux nuls, deux succès contre l'Italie, l'autre cador du groupe, une équipe de plus en plus rôdée, tous les signaux sont au vert, même si les absences de Kane, Saka et Alexander-Arnold, ce week-end contre le Brésil, ont été remarquées.

Il y a quelques mois, Gareth Southgate lui-même assumait le statut de favori de l'Angleterre. Plus récemment, Jack Grealish est allé encore plus loin. "On a le sentiment que c'est le moment parfait pour connaître le succès ensemble, a-t-il expliqué au Times. Quand vous regardez les talents que l'on a : Harry Kane, Jude Bellingham, Bukayo Saka, Phil Foden, Marcus Rashford, Declan Rice... Tous ces joueurs, c'est incroyable. Imaginez ce que ce serait de gagner pour notre pays ? On a le sentiment que c'est le moment."

Pour Jamie Carragher, aussi, tout est réuni. Surtout la présence d'un leader comme Bellingham, qui a pris une autre dimension depuis la Coupe du monde 2022. "Avec lui, nous allons à l'Euro avec possiblement le meilleur joueur du monde, analyse l'ancien Red. La France a Mbappé, mais nous avons Bellingham. Quand on repense aux équipes qui ont gagné des trophées internationaux, elles ont toujours ce joueur qui fait partie des tout meilleurs du monde."

"Il n'y a plus d'excuses"

Les planètes seraient donc alignées. Bellingham et les autres pépites du groupe sont en train de prendre une nouvelle dimension alors que les plus expérimentés, Harry Kane en tête, sont encore dans leurs meilleures années, ce qui ne sera peut-être pas le cas lors de la prochaine Coupe du monde. La poule des Anglais est aussi plus qu'abordable avec le Danemark, la Slovénie et la Serbie, avant les choses plus sérieuses.

D'où la question posée par The Athletic, cette semaine: "Quelqu'un peut-il stopper l'Angleterre ou la France à l'Euro?" Le média britannique place l'équipe de France comme l'autre grand favori de la compétition. Mais s'il faut choisir, l'avantage va aux Three Lions, en dépit des critiques qui ont pu émerger ces derniers mois sur les choix tactiques et humains de Gareth Southgate.

"Ce groupe a l'expérience des grandes compétitions, l'entraîneur également, avance le journaliste Peter Rutzler. Ca pourrait faire la différence dans les matchs importants. Si on regarde la qualité des joueurs qu'a l'Angleterre, il y a tellement d'options, partculièrement dans le secteur offensif, pour changer le cours d'un match quand ça ne va pas. Ca fait de l'Angleterre le vrai, vrai favori."

L'optimisme règne. Mais ce n'est pas la première fois, alors certains se méfient. "Il n'y a plus d'excuses", prévient Jermaine Jenas, ancien international qui a côtoyé la génération dorée des années 2000, rentrée bredouille de tous les tournois. A l'époque, déjà, "It's coming home" résonnait dans les tribunes.

Article original publié sur RMC Sport