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Avec six annulations en sept courses, la saison masculine de ski alpin en pleine impasse

"Tout était prêt", promettait la Fédération internationale de ski (FIS) en amont de la compétition, pour que la fête soit belle en ouverture de la saison. Le glacier du Rettenbach semblait suffisamment enneigé malgré les températures enregistrées dans la région, plus douces qu’à l’accoutumée à cette période de l’année. Le géant dames s'était même disputé dans des conditions idéales la veille.

Bref, aucun risque ne semblait poindre à l’horizon. Mais alors que Sölden célébrait le 30e anniversaire de son inscription au calendrier de la Coupe du monde de ski alpin, des vents violents et persistants ont finalement contraint les organisateurs à annuler la poursuite du géant inaugural, alors que les skieurs disputaient la première manche, comme ce fut déjà le cas à plusieurs reprises par le passé.

Depuis cette reprise ajournée fin octobre, puis différée à la mi-novembre après l'annulation des deux descentes de Zermatt-Cervinia (Suisse/Italie) début novembre, seule une course masculine sur sept prévues au calendrier de la saison a pu avoir lieu à Gurgl, en Autriche, un slalom remporté par Manuel Feller.

Victimes des aléas météorologiques, avec des chutes de neige et des rafales de vent ne garantissant pas la sécurité des skieurs, les trois épreuves de Beaver-Creek (deux descentes, un super-G) ont elles aussi été annulées le week-end dernier.

La même chose s'était produite sur la "Birds of Prey" en 2021, lorsque le vent avait déjà entraîné l'annulation de la descente. En 2016, ce sont des températures anormalement chaudes qui avaient entraîné l’annulation de l’étape de Beaver-Creek.

"Ça choque tout le monde"

À l’époque, la précédente étape de la Coupe du monde, à Lake Louise (Canada), laquelle n'est désormais plus présente au calendrier, avait été annulée elle aussi, faute de neige. Conséquence du réchauffement climatique, l'état des glaciers se dégrade chaque année et met en sursis les saisons de ski alpin à l’automne. De nombreux skieurs ont réclamé ces dernières années un ajustement du calendrier en faveur de courses organisées au printemps.

Critiquée depuis plusieurs années pour ne pas mettre suffisamment l'accent sur la nécessaire adaptation du circuit mondial aux bouleversements climatiques, la FIS s’est vue contrainte d’annuler en 2023 les deux descentes masculines de Zermatt-Cervinia, son projet phare et controversé, un parcours transfrontalier très critiqué entre la Suisse et l’Italie, et ce pour la deuxième année consécutive. Le circuit féminin a aussi subi l'annulation de deux courses.

"Notre sport fait partie des plus touchés par le réchauffement climatique et, au lieu de changer notre système, de s’adapter, on fait tout le contraire. L’épreuve n’est pas dans l’air du temps. Ça choque tout le monde", s’était emporté Alexis Pinturault auprès de nos confrères suisses de 20 minutes, en octobre dernier, concernant un projet qui nourrit la polémique.

Un an plus tôt, le Français Johan Clarey avait dénoncé "un non-sens écologique" en raison des conditions d’enneigement. La FIS, qui tient coûte que coûte à ce projet, au mépris de toute considération environnementale, avait décidé cette année de repousser l’étape de Zermatt-Cervinia de deux semaines afin de bénéficier d’une meilleure neige, et les flocons sont bien tombés, mais beaucoup trop tard pour que la piste de la Gran Becca (avec un départ en Suisse, et une arrivée en Italie) puisse être préparée.

Un calendrier déjà surchargé

Se pose désormais la question du calendrier: "Il y a très peu de créneaux disponibles", constate Alexis Pinturault auprès de nos confrères de L’Équipe. Pour l’instant, seules deux courses ont trouvé une place dans le calendrier. Un géant a été ajouté à l’épreuve d’Aspen, aux États-Unis au mois de mars, et une descente de plus sera au programme de Val Gardena en Italie, la semaine prochaine. Quant aux autres épreuves restant à programmer, la FIS pourrait avoir du mal à leur trouver une place.

"Courir deux descentes en deux jours à Bormio après Noël, c'est compliqué. Pareil à Wengen (Suisse) mi-janvier où le programme est déjà chargé. Si on avait quelques semaines off dans la saison, comme ça se fait en F1 ou en MotoGP, on pourrait y placer quelques courses de remplacement. Mais on n'en a pas…", déplore Alexis Pinturault dans les colonnes du quotidien L’Équipe. Le directeur des courses de la FIS Markus Waldner imaginerait des possibilités à Wengen et à Kvitfjell (à la mi-février), rapporte Le Nouvelliste. En attendant, les skieurs ont désormais rendez-vous en France, à Val d’Isère, pour un slalom et un géant le week-end prochain. Si tout va bien...

Article original publié sur RMC Sport