Nouvelle-Zélande-Afrique du Sud: les Springboks remportent leur 4e Coupe du monde d'un souffle

L'Afrique du Sud sur le toit du monde. Tenants du titre, les Springboks ont conservé leur couronne ce samedi à Saint-Denis en déjouant les plans de la Nouvelle-Zélande (11-12) dans une finale longtemps indécise jouée une grande partie à 15 contre 14 après l'exclusion de Sam Cane à la demi-heure. Après 1995, 2007 et 2019, le trophée Webb Ellis retourne en Afrique du Sud jusqu'en 2027, année de la prochaine Coupe du monde en Australie.

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Un début de match tonitruant

Pour cette finale entre triples champions du monde, il fallait s’attendre à une guerre de tranchées entre les Springboks et les All Blacks, avec la météo (vent et pluie) en guise de trouble-fête. Pourtant, ce choc entre les deux nations de l’hémisphère sud aurait pu basculer dès la 2e minute, lorsque le troisième ligne Shannon Frizell a reçu un carton jaune pour un déblayage dangereux sur Mbonambi. Un vrai coup dur pour les Boks, qui ont perdu leur seul talonneur de métier, mais un ouf de soulagement pour les All Blacks, puisque Frizell n’a pas été sanctionné par le bunker.

Malgré des conditions climatiques difficiles, la Nouvelle-Zélande a voulu se heurter au pack sud-africain. Comme attendu, le premier acte a porté la patte des buteurs, avec Handré Pollard d’un côté et Richie Mo’Unga de l’autre (3-12, 33e).

Le rouge pour Cane, le tournant

Déjà à la limite du rouge avec Frizell, les Néo-Zélandais ont vu le couperet tomber à la demi-heure en perdant leur capitaine Sam Cane. Dans un premier temps sanctionné d’un jaune pour placage haut, le troisième ligne a été définitivement renvoyé aux vestiaires (34e) après décision du bunker. Le premier carton rouge dans une finale de Mondial. En infériorité numérique, les joueurs de Ian Foster ont continué à appuyer pour percer le verrou des Boks. Rieko Ioane a failli y parvenir avant la pause, mais a été repris par la patrouille Arendse-Kolbe. En infériorité numérique, les All Blacks ont pourtant un faible écart à la pause (6-12, 40e).

Poussés des ailes au retour des vestiaires, les champions du monde en titre se sont procurés deux occasions coup sur coup. Si Kolisi fait d’abord un mauvais choix, Arendse a fait passer un énorme frisson dans le camp néo-zélandais, mais l’ailier avait un pied en touche et n’a pas pu aplatir dans l’en-but.

Un essai refusé pour les All Blacks

Comme depuis le début des phases finales, l’arbitrage a été au cœur du match. Si Kolisi a échappé de peu au carton rouge malgré un placage haut (46e), les All Blacks se sont vu refuser un essai de Smith pour un en-avant de Savea (54e). Pas de quoi freiner les ardeurs de la Nouvelle-Zélande, qui a investi le camp des Boks malgré le retour de Kolisi. La persévérance a fini par payer pour les Blacks, récompensés par un essai de Beauden Barrett après une inspiration géniale de son petit frère Jordie. La transformation de Mo’Unga manquée, la remontada n’était pas encore totale (11-12, 57e).

Dans une fin de match irrespirable, les All Blacks ont accéléré pour prendre l'avantage. La rencontre s'est terminée à 14 contre 14 après le carton jaune de Cheslin Kolbe, coupable d'un en-avant qui a annulé une occasion néo-zélandaise (73e). Alors qu'il avait la pénalité du titre à 40m, Jordie Barrett a envoyé sa tentative à côté des perches. Pour le plus grand bonheur des Boks.

Vainqueure d'un point face aux Bleus en quart (28-29) et des Anglais en demie (15-16), l'Afrique du Sud se contente à nouveau d'un point d'écart dans cette finale qui aura été indécise jusqu'au bout. Un petit point pour un bonheur immense pour les Springboks, sacrés pour la quatrième fois en huit participations, soit un ratio démentiel de 50% de réussite.

Article original publié sur RMC Sport