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Mort d’un supporteur de Nantes: un chauffeur VTC, principal suspect, déféré pour "homicide volontaire" et "extorsion avec arme"

À l’heure où l’émotion reste vive du côté des supporteurs de Nantes, la justice tente de faire la lumière sur les incidents qui ont coûté la vie à l’un d’entre eux ce samedi en marge du match de la 14e journée entre les Canaris et Nice à la Beaujoire.

Lors d’un point presse organisé ce lundi, soit environ deux jours après la mort d’un fan nantais, le procureur de la République a confirmé le défèrement d’un chauffeur VTC de 35 ans devant un juge d’instruction, demandant sa mise en examen et son placement en détention provisoire.

"Après à peu près 36 heures d’investigation, nous sommes en train de procéder au défèrement de deux individus", selon les mots de Renaud Gaudeul. "Une enquête est ouverte du chef d’homicide volontaire, extorsion avec arme" concernant le principal suspect, "et altération, destruction de preuve, afin de faire obstacle à la manifestation de la vérité", concernant un autre chauffeur.

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Une vidéo de la scène existe et remet en cause la version du suspect

Placé en garde à vue dans la nuit de samedi à dimanche après s’être présenté au commissariat, le principal suspect a confirmé avoir porté des coups de couteau. Mais selon lui, il a effectué des gestes défensifs. De la même manière, le chauffeur VTC de 35 ans, déjà connu des services de police et condamné à une peine de prison ferme pour trafic de stupéfiants, a nié être le propriétaire du couteau et a dit "dans des conditions qu'il ne peut préciser, être parvenu à s'emparer d'un couteau qui aurait été détenu par un supporteur nantais".

Problème, la version du principal suspect est remise en cause par une vidéo de l’incident trouvée lors d’une perquisition chez un autre chauffeur VTC présent dans le convoi qui transportait des supporteurs de l’OGC Nice.

Si ce second homme "qui ne compte aucun antécédents judiciaires" a d’abord expliqué être surpris de l’absence d’enregistrement auprès des enquêteurs, une carte mémoire avec des images de l’incident a été récupérée à son domicile et a entraîné son défèrement devant le juge.

Ces images permettraient plus clairement de savoir le déroulé des faits et "donnent une description assez précise de la scène" selon les mots du procureur de la République de Nantes.

"L'intéressé serait sorti de son véhicule, aurait sorti une arme blanche, un couteau. A un moment donné il aurait repoussé un agresseur qui serait tombé au sol", a encore expliqué le procureur Renaud Gaudeul. "Et c'est à ce moment-là, alors qu'il est au sol, qu'il lui aurait porté un premier coup de couteau. Ce supporteur nantais se serait ensuite relevé, tentant de fuir, et c'est alors qu'il aurait été atteint d'un deuxième coup de couteau dans le dos."

Et le procureur de repréciser ensuite: "L'auteur se trouve à l’extérieur de son véhicule, aux prises avec plusieurs supporteurs nantais. Il a une arme dans la main, qui semble être un couteau céramique avec un manche noir. À un moment donné, il repousse un individu qui tombe au sol. C’est alors qu’il porte un premier coup de couteau dans le dos. Ce supporteur se relève, tente de fuir et est atteint d’un second coup de couteau. Le suspect est moins précis dans le déroulement des faits."

Le principal suspect aussi accusé d’extorsion

Outre sa mise en examen pour homicide volontaire, le principal suspect dans la mort du supporteur nantais est accusé d’extorsion par les supporteurs de l’OGC Nice qu’il transportait. Après les avoir raccompagnés à leur hôtel suite à l’incident avec des ultras de Nantes, le chauffeur VTC aurait réclamé de l’argent aux fans azuréens "dont le profil méritera d'être vérifié" pour savoir s'ils font partie ou non de la mouvance ultra selon le procureur. Des accusations que nie le suspect.

"S'agissant des faits d'extorsion, il les conteste en indiquant que c’est spontanément, volontairement et sans contrainte que les supporteurs niçois lui ont remis la somme avoisinant les 1000 euros", a encore indiqué le procureur de la République de Nantes lors de sa conférence de presse.

Le représentant des pouvoirs publics a aussi confirmé l’ouverture d’une enquête à l’encontre des supporteurs de Nantes puisque plusieurs centaines d’entre eux (environ 300) ont été les auteurs de "faits de violences aggravées" en attaquant le convoi des fans du Gym. Le tout avec des armes et dans une situation de "guet-apens". Les supporteurs des Canaris impliqués ont aussi entraîné des "destructions aggravées" avec de nombreux dommages sur les véhicules présents lors des incidents.

Article original publié sur RMC Sport