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Jeu explosif, mental d'acier, City Group... La recette de l’incroyable succès de Gérone, leader de la Liga

Un petit poucet au-dessus des mastodontes. Ce lundi 12 décembre, le surprenant Girona FC est seul leader de la Liga, devant les grands noms que sont le Real Madrid, le FC Barcelone et l'Atlético de Madrid. Un succès loin d'être dû au hasard. RMC Sport fait le point sur les raisons d'une saison historique pour le petit club catalan.

· Un habitué des divisions inférieures porté par un vent de folie

Créé en 1930, Gérone est historiquement un habitué des divisions inférieures avec la première promotion de son histoire seulement glanée en 2017. L’équipe de cette ville située entre la frontière française au nord et l’imposante Barcelone au sud a été reléguée un an plus tard, a ensuite échoué en finale d’accession à deux reprises avant de revenir dans l’élite en 2022.

En 2022-2023, les hommes de Michel ont assuré un maintien assez confortable (10e) en signant quelques performances de poids, comme ce succès éclatant contre le Real Madrid (4-2) en avril. De quoi faire naître un engouement nouveau pour les supporteurs de cette équipe, plutôt habitués à soutenir le Barça en Liga.

· Dans le giron du City Group... et du frère de Pep Guardiola

Dans la foulée de sa promotion historique en Liga en 2017, le club est entré dans la galaxie du City Group, actionnaire à hauteur de 44,3% à parts égales avec Pere Guardiola par le biais de Girona Football Group. Pere est le frère de Pep Guardiola (entraîneur de Manchester City, étendard du City Group) mais aussi le patron de la société d’agence Media Base Sports.

Jaume Roures, fondateur de Mediapro, figure aussi parmi les propriétaires et accentue l’identité catalane de Gérone, "toujours liée de diverses manières au courant de l'indépendance catalane", fait remarquer le quotidien El Espanyol. Carles Puigdemont, leader du mouvement indépendantiste, est jugé comme proche du club. Malgré la présence de ces actionnaires puissants, le budget du club reste raisonnable (65 millions d’euros).

· Un mix entre jeunes talents et vieux roublards

Gérone bénéficie surtout de son incroyable réseau (City Group, Guardiola) pour obtenir des signatures de poids comme celle de Daley Blind ou encore les prêts d’Eric Garcia (Barcelone) et de Paulo Gazzaniga (Fulham). Des joueurs du City Groupe ont également pris la passerelle comme Yan Couto, Yangel Herrera mais surtout Savio, qui appartient à Troyes (sans y avoir jamais joué) et affole la Liga. Gérone se base aussi sur un centre de formation brillant dont plusieurs joueurs actuels sont issus à l’instar de Valery Fernandez, Ibrahima Kébé ou Arnau Martinez.

"Gérone est, avec l'Atlético, l'équipe la plus représentée chez les U19 espagnols", confiait récemment dans l'After Franck Rémy, membre du club et à la tête du penya à Perpignan.

Non conservé par le Real Madrid, Miguel Gutierrez (22 ans) brille, lui, en Catalogne au point que les Merengues (qui détiennent encore 50% de ses droits) envisagent d’activer leur option de rachat (à huit millions d’euros). Le Barça aimerait aussi récupérer Pablo Torre (20 ans), son jeune milieu prêté cette saison, pour pallier des absences dans son entrejeu. Le taulier et capitaine uruguayen, Christian Stuani (37 ans), au club depuis 2017, cornaque ses troupes.

· Un jeu explosif et un soin extrême porté au mental

Ancien joueur à la carrière modeste (essentiellement en D2 espagnole avec le Rayo Vallecano), Michel est l’architecte de cette équipe, insolente face au but (meilleure attaque du championnat, 38 inscrits) mais plus friable défensivement (8e défense). Le match au Barça (2-4) en fut l’illustration parfaite avec des sorties de balle létales mais aussi un important nombre d’occasions concédées (31 tirs pour le Barça).

"Les joueurs qui sont venus sont très cohérents avec l'idée que nous avons", confiait Michel sur la Cadena Ser la semaine dernière.

"Nous sommes une équipe qui veut toujours jouer haut, et maintenant nous y parvenons. Tout le monde dans l'équipe a la sensation que nous sommes capables de se procurer des occasions de but contre n'importe quelle équipe." Avec huit buts chacun, Christian Stuani et l'Ukrainien Artem Dovbyk se partagent la tâche de conclure.

Plus que la tactique, Michel confie accorder une part de travail plus importante à ses joueurs: le mental. "La partie personnelle est très importante. Chaque matin, les joueurs racontent à l'un de nos analystes comment ils ont dormi, dans quelle humeur ils sont... Nous souhaitons savoir comment va le joueur avant l'entraînement. L'ambiance de travail à Gérone est très bonne. Il est essentiel de connaître l'aspect personnel du joueur."

· Un candidat sérieux au titre?

Avec 41 points, l’objectif du maintien est déjà acquis. Alors jusqu’où peut aller Gérone? Les dirigeants viseraient désormais une place de top 6, synonyme de première qualification européenne de son histoire. Pour Xavi, le petit voisin bruyant est même un candidat crédible au titre… même s’il faut peut-être y voir une manœuvre visant à flatter un inattendu concurrent direct.

"C'est une grande équipe. Gérone n'est plus une surprise et je pense qu'ils sont un prétendant au titre", a lancé le technicien après la défaite dimanche.

Michel se montre, sans surprise, beaucoup plus prudent. "C'est très difficile de suivre le rythme de ceux qui sont au sommet", confiait-il la semaine dernière. "Nous ne sommes pas faits pour avoir l'obligation de gagner tous les dimanches, le Barça et Madrid ont cette pression. Ce ne serait pas juste pour nous de nous retrouver dans cette situation."

Article original publié sur RMC Sport