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Il brille avec Gérone, appartient à Troyes, le Barça le veut: qui est Sávio, dit Savinho, qui affole toute l'Espagne

L'une des révélations de la Liga cette saison appartient depuis plus d'un an à Troyes... qui n'en a encore jamais profité en match officiel alors qu'il s'agit de la recrue la plus chère de l'histoire du club (6,5 millions d'euros et 6 de bonus potentiels). Avec son numéro 16, Sávio Moreira, parfois appelé Savinho, participe activement au bonheur des supporters du Girona FC. Cet ailier gauche brésilien de 19 ans a été titularisé lors des 15 premières journées de championnat, alors que la modeste équipe catalane fait jeu égal en tête du classement avec le Real Madrid (38 points). Les Madrilènes ne doivent leur première place qu'à la différence de buts (+24 contre +18).

Cette éclosion est peut-être la future histoire banale du football de demain. Après des débuts à 16 ans sous la direction de Jorge Sampaoli à l'Atlético Mineiro, Sávio est débauché à l'été 2022 par l'Estac. Ou plutôt par le City Football Group, la société d'Abu Dhabi qui chapeaute Manchester City et qui chapeaute une dizaine de clubs dans le monde. Troyes, racheté à 100%, en fait partie depuis 2020. Girona en est aussi, depuis 2017, mais seulement à 47%.

Le PSV voulait le garder

En faisant signer Sávio, qui était pisté par Arsenal et le groupe Red Bull, le City Football Group aurait pu être tenté de le laisser à Troyes, qui était encore en Ligue 1 et qui n'aurait sans doute pas craché sur du talent footballistique pour jouer le maintien. Mais les ambitions de la holding ne sont pas dans les intérêts sportifs du club aubois. Le joueur est prêté immédiatement au PSV Eindhoven, dans l'espoir qu'il s'acclimate au football européen et sans doute qu'il profite des largesses du football néerlandais. Le plan échoue: le crack ne dispute que huit matchs sur l'ensemble de la saison, car barré par Serge Gakpo, Xavi Simons et Johan Bakayoko dans un premier temps. Puis constamment blessé jusqu'à la fin de la saison.

Selon la presse néerlandaise, le PSV envisageait malgré tout de faire une offre pour obtenir un transfert définitif. Le City Football Group aurait alors demandé 15 millions d'euros et un pourcentage de 15% à la revente. Ce qui fait capoter les négociations. Avec Troyes en Ligue 2, le groupe émirati se tourne finalement vers le Girona FC pour tenter de relancer et valoriser son talent.

Le meilleur dribbleur brésilien derrière Vinicius Junior?

Mais personne ne s'attendait au début de saison canon des "Blanquivermells", coachés par Michel, qui n'a rien à voir avec l'ancien entraîneur de l'Olympique de Marseille. Titulaire sur l'aile gauche, Sávio se révèle immédiatement et se retrouve parmi les nommés pour le trophée de joueur du mois de septembre en Liga. En 15 matchs, son bilan statistique compte quatre buts et autant de passes décisives. Ce qui n'est pas si spécial. Mais dans le jeu, ses dribbles, aussi bien sur l'aile que vers l'intérieur, font mouche. Début octobre, Opta soulignait qu'aucun autre joueur n'était aussi décisif après des portées de balle que Savio dans les autres principaux championnats européens.

"Je sais que ce sont de grands mots, mais depuis l'émergence de Vinicius, je ne pense pas avoir vu un talent en un contre un aussi déstabilisant que lui", déclare son coach au début de l'automne. "Le département sportif le suivait déjà depuis la dernière Coupe du monde des moins de 20 ans, affirme-t-il. Les images que nous avions de lui étaient très bonnes. Il n'avait pas réussi au PSV et il n'était pas heureux. Nous l'avons vu à la Coupe du monde parce que nous le suivions et que nous avions le sentiment qu'il pouvait nous aider".

Manchester City à l'horizon

Repéré à l'âge de 11 ans par son futur agent, alors qu'il aidait sa famille au travail à la ferme près de São Mateus, Sávio est devenu plus tard le quatrième joueur le plus jeune de l'histoire du championnat national brésilien. L'Atlético Mineiro, convaincu de son talent, lui avait fait traverser plus de 600 kilomètres avec sa mère pour rejoindre le centre de formation. "Je me souviens qu'un recruteur du club et moi-même sommes allés le chercher là-bas. Savinho travaillait dans une ferme et faisait partie d'une famille en proie à de graves difficultés financières. Il vivait avec sa mère et ses grands-parents. Et sa famille a toujours été présente dans tous ses combats", se souvient un formateur qui s'est confié à Infobae.

Apparemment jugé en privé "bien meilleur" que Rodrygo par Jorge Sampaoli, Sávio, qui avait Neymar pour idole, savait dans quoi il s'engageait en signant pour l'Estac. "Je savais que Troyes était dans le groupe City et je pensais qu'en travaillant je pourrais un jour arriver à Manchester City, confiait-il en septembre à El Periodico. Bien sûr, il faudra que je réussisse très bien ici à Gérone". D'après Sport, le champion anglais n'a plus aucune intention de laisser filer sa pépite, pourtant fortement courtisée par le Barça. D'autant que la brillante adaptation de Jérémy Doku peut donner des idées à Pep Guardiola.

Article original publié sur RMC Sport