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Cyclisme: "Nous avons été traités différemment", Lance Armstrong revient sur sa mise à l'écart avec Jan Ullrich

Leur amitié n'était pas gagnée d'avance. Rivaux au cours de leur carrière, Jan Ullrich et Lance Armstrong cultivent désormais une belle relation. Les deux hommes ont récemment livré une interview commune auprès du média allemand Zeit Magazin. L'Américain, dont ses sept victoires sur le Tour de France lui ont été retirées, estime avoir été un "symbole" et en avoir payé le prix.

"Nous étions les plus grands et nous faisions partie de cette génération de merde", estime Armstrong

"Jan et moi étions des icônes dans nos pays respectifs", a commenté Lance Armstrong, suspendu à vie pour dopage en 2012. "Moi parce que j'avais vaincu le cancer et inspiré de nombreuses personnes. Jan parce qu'il a été le premier Allemand à gagner le Tour. Cela peut paraître peu modeste, mais nous étions les plus grands du cyclisme mondial et nous faisions partie de cette génération de merde."

En 2018, Lance Armstrong avait renoué le contact avec Jan Ullrich, qui se trouvait alors dans une phase difficile de sa vie, dépressif et admis en hôpital psychiatrique après l'agression d'une prostituée. "Alors que les autres cyclistes dopés ont pu continuer à travailler, Jan, Marco Pantani et moi-même avons été traités différemment", a encore jugé le Texan.

Lance Armstrong avait lui admis, début 2013, s'être dopé sur les sept Tours de France qu'il a remportés. Depuis, l'Américain est un paria de son sport. "C'est le prix à payer lorsque vous êtes le meilleur dans un sport, vous êtes un symbole. Il m'a fallu dix ans de lutte pour sortir de ce trou. C'était difficile. Et c'est pourquoi je n'ai pas laissé Jan seul lorsqu'il se sentait mal."

Ullrich a vécu des années noires

Ces derniers jours, Jan Ullrich a fait l'objet d'un documentaire, où il a pu raconter son histoire et son rapport avec le dopage. "Pourquoi est-ce que je n’ai rien dit? Je ne voulais pas être un traître, a dit le vainqueur du Tour de France 1997. Je ne voulais pas sortir des demi-vérités et encore moins toute la vérité. Il y avait des vies en jeu, des familles, des amis. Les avocats m'ont dit: ‘Soit tu sors tout et tu démolis tout, soit tu ne dis rien du tout.’ D’un point de vue actuel, j'aurais dû parler. Cela aurait été très dur pendant un court moment, mais ensuite la vie aurait été plus facile."

Pour le magazine Stern, Jan Ullrich s'est livré aussi sur ses démons, qui ont failli lui coûter la vie ces dernières années, lui qui avait été écarté du Tour de France 2006 en raison du dopage. "Le whisky et la cocaïne me refroidissaient le cœur. C’est un mélange qui vous fait devenir un monstre, ça fait ressortir tout ce qu’il y a de plus mauvais en vous", a partagé le "Kaiser". "Et si vous n’avez plus de cœur, vous n’êtes plus humain."

Article original publié sur RMC Sport