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Athlétisme: les Bleus en Afrique du Sud pour préparer les JO de Paris 2024

"C’est monstrueux, un centre universitaire à l’américaine, utilisé par des rugbymen en temps normal", se réjouit Romain Barras, le directeur de la haute performance de la Fédération française d’athlétisme. "Tous les meilleurs du monde viennent s’entraîner pendant l’hiver ici depuis les années 2000, c’est de la très haute performance qu’on vient chercher." Le complexe de Potchefstroom, situé à 120km de Johannesburg en Afrique du Sud, s’apprête à accueillir une soixantaine d’athlètes français. Les demi-fondeurs sont arrivés légèrement en avance, pour profiter au maximum de l’altitude, et sont donc rejoints ce mardi par le reste de l’équipe qui sera le noyau dur de la sélection olympique. Les 1340m d'altitude, l’absence de décalage horaire avec la France, sans compter le combo chaleur/humidité rendent les conditions optimales pour les tricolores.

L’île de la Réunion choisie, puis écartée

Ces conditions auraient dû être trouvées sur l’Ile de la Réunion. Lors du décathlon qualificatif de Kevin Mayer organisé sur l’île pour les Jeux de Tokyo fin 2020, le département de la Réunion, l’IRT (Ile de la Réunion Tourisme) et le président de la FFA André Giraud avaient conclu un accord pour faire de l’île le camp de base hivernal des Bleus avant les Jeux olympiques. Malheureusement, Romain Barras et le staff de l’équipe de France n’ont pas jugé l’opération judicieuse.

"La Réunion, on adore et on y organise beaucoup de stages de spécialité, notamment les perchistes. Quand on y va famille par famille, il n’y a aucun problème. Mais quand on est une soixantaine d’athlètes comme cet hiver, c’est impossible en termes d’hébergement, de transport et même de musculation."

Mayer et Zhoya zappent le voyage

Il y aura des absents de marque à Potchefstroom, notamment Kevin Mayer. Le double champion du monde du décathlon est à Brisbane en Australie pour préparer un décathlon qui doit justement le qualifier pour les prochains JO. La pépite des haies Sasha Zhoya ne sera pas du voyage non plus, à cause de son gros orteil qui le fait toujours souffrir. Il passe d’ailleurs des examens à Paris pour comprendre le mal. D’autres n’ont pas souhaité non plus faire le voyage, comme les Antillais Laeticia Bapté ou Ludvy Vaillant, à cause du décalage horaire qui les aurait trop fatigués sur un cycle d’entraînement important. Une absence qui ne sera pas pénalisante financièrement car le stage n’est pas classé obligatoire, sans quoi les athlètes peuvent subir un malus de 20% sur leurs indemnités versées par la fédération.

"Ça crée une vraie cohésion"

Wilfried Happio, vice-champion d’Europe du 400m haies, sera lui bien présent en Afrique du Sud malgré son opération d’une pubalgie qui date d’à peine six semaines. "Je peux courir à 80% de ma vitesse sprint, mais c’est important d’y aller. Je vais voir du soleil, pour les poumons, courir à l’air libre c’est mieux que dans une salle chauffée à l’INSEP." Si chaque athlète respecte son propre programme d’entraînement, Happio n’exclut pas de participer à des séances avec le relais 4x400m, vice-champion du monde en titre.

"Ça crée une vraie cohésion avant les Jeux, c’est un sport individuel certes, mais c’est plus important que ce qu’on pense. Et puis là-bas, on reçoit des conseils de la préparatrice mentale, sur la nutrition, si on a des problèmes avec la Fédération, on peut aussi en parler." Happio et les Bleus vont donc passer décembre au soleil sud-africain pour rêver de briller au Stade de France l’été prochain, ou tout du moins faire mieux qu’une seule médaille comme lors des trois dernières compétitions mondiales.

Article original publié sur RMC Sport