SONDAGE BFMTV - Les trois quarts des Français trouvent la vaccination trop lente

Robin Verner
·4 min de lecture
Un flacon vide du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer-BioNtech, le 2 mars 2021 à Garlan, dans l'ouest de la France - Fred TANNEAU © 2019 AFP
Un flacon vide du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer-BioNtech, le 2 mars 2021 à Garlan, dans l'ouest de la France - Fred TANNEAU © 2019 AFP

Le jugement des Français quant à la politique de vaccination lancée par le gouvernement est rude. Selon notre nouveau sondage "L'opinion en direct", piloté par l'institut Elabe, publié ce mercredi en fin d'après-midi, 75% d'entre eux estiment le rythme de la vaccination contre le Covid-19 "trop lent".

Et le scepticisme devant la capacité de l'exécutif à tenir les délais qu'il s'est fixé pour la mener à bien est grand: 74% de nos concitoyens ne croient pas que l'État réussira à proposer un vaccin contre le Covid-19 à tous les adultes désireux de le recevoir, d'ici la fin de l'été, c'est-à-dire le 22 septembre 2021.

73% des électeurs d'Emmanuel Macron trouvent la vaccination trop lente

Ainsi, 75% des sondés, soit une hausse très claire de sept points depuis la précédente mesure le 27 janvier, pensent que le rythme de vaccination est trop lent. 20% assurent en revanche que la cadence est la bonne, un avis en chute de trois points depuis la fin janvier. Enfin, 5% du panel affirment que la vaccination va déjà trop vite, une opinion pour le moins minoritaire qui a perdu trois points depuis la dernière fois où Elabe a interrogé ses interlocuteurs à ce propos.

Tous les électorats s'accordent sur la lenteur de la campagne de vaccination, à hauteur de 73% à 83% d'entre eux. C'est chez les anciens électeurs de Benoît Hamon que ce sentiment explose le plus vivement (82%, en hausse de 11 points). Les partisans de François Fillon en 2017 sont 83% à vouloir que les choses aillent plus vite - un taux en augmentation de sept points. L'augmentation est la même chez les soutiens d'Emmanuel Macron, dont 73% pointent aussi la lenteur excessive. Le taux est identique parmi les sympathisants de Jean-Luc Mélenchon, et de deux points supérieur chez ceux de Marine Le Pen.

C'est chez les 65 ans et plus que cette lenteur est la plus fortement ressentie, à 87% après une ascension de 14 points. 77% des 35-64 ans sont sur la même ligne. Les moins pressés sont les 18-24 ans, à 58 % (mais en hausse de huit points).

Tous les adultes vaccinés avant l'été? Le scepticisme prime

Cette perception implique une autre interrogation. "L'État parviendra-t-il à tenir l'objectif de proposer le vaccin à tous les Français adultes qui le souhaitent d'ici la fin de l'été (22 septembre 2021)?", a de nouveau demandé Elabe à son panel, une semaine après l'avoir fait une première fois.

Ce mercredi, il apparaît que la réponse est non pour 74% des Français, trois points de plus en une semaine. 26% affirmant même qu'il ne remplirait "certainement pas" cet objectif. Ils sont aussi 26% à toutefois penser que tous les adultes se seront vus proposer le vaccin d'ici le 22 septembre.

Du côté des électorats, 83% des électeurs de Marine Le Pen n'y croient pas, comme 81% des partisans de Jean-Luc Mélenchon, une statistique en progression de huit points, et 81% des abstentionnistes, après un bond de 11 points. 71% des électeurs de François Fillon ne pensent pas non plus que le rendez-vous fixé par le gouvernement sera honoré. Ils sont d'ailleurs 52% parmi les sympathisants d'Emmanuel Macron à ne pas être plus optimistes.

Huit ouvriers sur dix ont également répondu par la négative à la question, ainsi que 74% des employés. Le pessimisme quant à la capacité de l'État à respecter ses objectifs et délais prévaut aussi chez les cadres (68%). Si l'on se reporte sur la pyramide des âges, 81% des 35-49 ans adoptent la même position, comme 75% des 65 ans et plus ou encore 65% des moins de 35 ans.

Sondage réalisé sur un échantillon de 1003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération. Interrogation par Internet les 2 et 3 mars 2021.

Article original publié sur BFMTV.com