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"Slam Dunk": pourquoi le succès du manga culte ne s'essouffle pas

Près de trente ans après sa conclusion, le manga Slam Dunk sur une équipe lycéenne de basket maîtrise toujours l'art du rebond, comme en témoigne sa republication en français dans une édition de luxe.

"En seulement trois jours, on en a vendu 2.500 exemplaires, ce qui est énorme pour une réédition", se réjouit Christel Hoolans, directrice générale des éditions Kana, qui édite le manga de Takehiko Inoue depuis 1999 en France.

Publiée en janvier, cette nouvelle édition, qui compile les 31 tomes d'origine en 24 volumes, s'adresse autant aux fans qu'à un nouveau public, né bien après après le triomphe de Slam Dunk dans le Weekly Shônen Jump, le magazine de référence du manga pour adolescents dans les années 1990.

Si le style graphique un peu daté des premiers volumes rebute souvent le jeune lectorat, comme a pu l'observer Christophe Lenain, fondateur et gérant d'une librairie parisienne spécialisée, Slam Dunk reste selon lui une série "intemporelle".

"C'est un manga sportif sur le principe, mais c'est plutôt un manga social, qui explique qu'on peut trouver la rédemption et que, par les efforts, on peut devenir autre chose que ce que les gens voient à travers notre physique", analyse le libraire.

"Supra fan"

Avec ses cheveux teints en rouge et son penchant pour la bagarre, le héros Hanamichi Sakuragi était destiné à devenir un "furyo" (voyou), avant d'intégrer le club de basket du lycée, dans le but de séduire une camarade.

Mais il va tomber petit à petit amoureux de cette discipline et redoubler d'efforts, afin de surpasser son coéquipier et rival, Kaede Rukawa.

Marqué par un humour omniprésent, Slam Dunk s'est écoulé à plus de 170 millions d'exemplaires - dont un million pour ses deux précédentes éditions françaises - et a été adapté en série animée.

"Une des forces de Takehiko Inoue, c'est de mettre en scène des personnages bien campés, avec une personnalité bien identifiée, en adéquation avec les postes qu'ils occupent dans leur équipe, sur le terrain", estime Christel Hoolans.

Le fait que le mangaka soit lui-même un "supra fan de basket", n'est pas anodin. En plus de s'appuyer sur sa propre pratique du basket au lycée, Takehiko Inoue a puisé dans sa connaissance encyclopédique de la NBA de l'ère Michael Jordan - dont il a pu voir plusieurs performances - pour rendre chaque match de Slam Dunk plus intense que le précédent.

Un changement visible à l'œil nu: le dessin simpliste des débuts s'améliore considérablement au fil des chapitres, jusqu'à atteindre des sommets dans le dernier volume, notamment lors d'une séquence culte de match, quasiment dépourvue de dialogue.

"Même si l'on n'est pas fan de basket, quand Inoue dessine une rencontre, on se retrouve immergé sur le terrain, le décor disparaît complètement, on ne voit plus que les personnages et la balle, on vit le match", décrit Christel Hoolans.

Adapté au cinéma

Tout en explorant des thématiques bien plus sombres dans ses mangas suivants, Vagabond, qui retrace le parcours initiatique d'un sabreur, et Real, sur le handibasket, l'auteur a su entretenir périodiquement la flamme des fans de Slam Dunk.

En 2004, il a ainsi célébré le cap des 100 millions d'exemplaires vendus en dessinant un épilogue éphémère à Slam Dunk sur les tableaux noirs d'un lycée désaffecté, visité par de nombreux spectateurs pendant trois jours.

Quelques années plus tard, le mangaka a lancé une bourse pour les jeunes basketteurs japonais, censée faciliter leur recrutement dans le monde du basket universitaire américain.

Plus récemment, Inoue s'est investi dans la création du film The First Slam Dunk. Cette adaptation est devenue l'un des films d'animation japonais les plus rentables de l'histoire depuis sa sortie en 2022.

"Quand un client est à la recherche d'un manga sportif, on lui suggère deux ou trois titres, dont Slam Dunk. En tant que libraire, on peut ne pas l'avoir lu, mais ça fait partie des titres que l'on propose toujours", conclut Christophe Lenain.

Article original publié sur BFMTV.com