En Serbie, l’Europride interdite pour de bon par les autorités

EuroPride flags flutter during the opening ceremony of the EuroPride 2022 in Belgrade, on September 12, 2022. - Last month, Serbian President Aleksandar Vucic said he had decided to
OLIVER BUNIC / AFP EuroPride flags flutter during the opening ceremony of the EuroPride 2022 in Belgrade, on September 12, 2022. - Last month, Serbian President Aleksandar Vucic said he had decided to "postpone or cancel" the Europride gathering, citing a litany of reasons, including recent tensions with the former breakaway province Kosovo and concerns over energy and food.EuroPride organisers slammed the move, saying the government had no authority to cancel the event. (Photo by OLIVER BUNIC / AFP)

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L’Europride définitivement annulée par les autorités serbes, malgré les protestations

LGBT+ - Cette fois, c’est pour de bon. Alors que le président de la Serbie Aleksandar Vucic réclamait en août l’annulation de la marche de l’Europride, les autorités du pays ont officiellement interdit l’événement ce mardi 13 septembre. La Belgrade Pride l’a annoncé dans un communiqué sur les réseaux sociaux : « La police serbe a interdit la marche en remettant une notification officielle aux organisateurs. » Ils ont aussi promis de lutter contre cette décision : « La Belgrade Pride utilisera tous les moyens légaux pour renverser cette décision. »

La marche de l’Europride, événement paneuropéen de la communauté LGBT+ qui se tient successivement dans différentes capitales européennes, devait se tenir ce samedi 17 septembre, à Belgrade.

Le ministère serbe de l’Intérieur a confirmé cette interdiction dans un communiqué, quelques instants plus tard, ajoutant qu’une contre-manifestation visant la marche des fiertés serait également prohibée. « Des conflits insensés dans les rues de Belgrade rendraient plus difficile la position de notre pays. (...) Les deux manifestations se seraient tenues tout près l’une de l’autre et nous avons estimé qu’il y avait un risque d’attaques et de conflits, de même qu’un risque de violences », a déclaré le ministre de l’Intérieur Aleksandar Vulin.

Le chef de l’État serbe avait lui aussi mis en avant toute une série de raisons pour expliquer sa position, évoquant des tensions autour de l’ancienne province du Kosovo ou des inquiétudes sur l’énergie et l’alimentation. Les organisateurs de l’Europride avaient condamné ces propos, déclarant que le gouvernement n’avait pas l’autorité pour annuler la marche.

Une homophobie ancrée

La communauté LGBT+ a été galvanisée par la tournure des événements. Goran Miletic, l’un des organisateurs, a même déclaré à l’AFP : « Nous allons certainement nous rassembler et défiler comme prévu. »

Pour rappel, le mariage entre personnes de même sexe n’est pas légal dans ce pays des Balkans et l’homophobie y est profondément enracinée malgré les mesures prises pour réduire les discriminations. Si la Première ministre serbe Ana Brnabic est ouvertement lesbienne, sous la surface, l’homophobie est rampante. Se tenir la main en public reste tabou pour les couples de même sexe tandis que près de 60 % de la communauté LGBT+ dit avoir subi des abus physiques ou émotionnels, selon une étude publiée en 2020 par les ONG IDEAS et GLIC relayé par l’AFP.

En 2001 et 2010, les marches des fiertés de Belgrade avaient été visées par des groupes d’extrême droite et des graves violences avaient éclaté. Depuis 2014, la Belgrade Pride se tient régulièrement mais sous forte protection policière. La puissante Église orthodoxe, qui influence de longue date l’opinion, a mis tout son poids dans la balance pour obtenir l’annulation de l’Europride.

L’annonce de l’interdiction de la marche des fiertés survient quelques jours après une manifestation gigantesque qui a rassemblé à Belgrade des milliers de personnes, gangs de motards, prêtres orthodoxes et nationalistes d’extrême droite exigeant une telle mesure.

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