Schulz: "L'Allemagne peut faire plus" pour elle-même et l'Europe

Le président du Parti social-démocrate allemand (SPD) Martin Schulz a présenté dimanche ses propositions pour renforcer l'unité européenne et accroître les investissements en Allemagne, dénonçant les promesses creuses d'Angela Merkel. /Photo prise le 16 juillet 2017/REUTERS/Hannibal Hanschke

BERLIN (Reuters) - Le président du Parti social-démocrate allemand (SPD) Martin Schulz a présenté dimanche ses propositions pour renforcer l'unité européenne et accroître les investissements en Allemagne, dénonçant les promesses creuses d'Angela Merkel.

L'ancien président du Parlement européen espère battre la chancelière lors des élections législatives du 24 septembre mais le SPD est largement distancé dans les enquêtes d'opinion par le bloc conservateur CDU-CSU, après avoir fait jeu égal pendant quelques semaines en début d'année grâce à l'effet de surprise dû à la nomination et au profil de Schulz à la tête du SPD.

Devant des militants réunis à Berlin, le chef du parti de centre-gauche a présenté un plan en dix points pour moderniser l'Allemagne et améliorer l'Europe, s'engageant notamment à investir, s'il est élu à la chancellerie, dans l'éducation et les infrastructures.

"L'Allemagne peut faire plus", a déclaré Martin Schulz.

"Si nous n'investissons pas massivement dans la recherche et développement, dans les véhicules électriques et les processus de fabrication économes en énergie, nous prendrons du retard", a averti le patron du SPD.

Un tel effort sur l'investissement coûterait "beaucoup d'argent", a prévenu Martin Schulz, mais il a estimé qu'il valait mieux dépenser ainsi l'excédent budgétaire allemand plutôt que de le gaspiller en promettant des baisses d'impôts, prenant ainsi nettement le contrepied des conservateurs.

Le chef du SPD n'a avancé aucun chiffre mais il s'était déjà prononcé auparavant pour augmenter les investissements de 30 milliards d'euros sur quatre ans.

BUDGET COMMUN DE LA ZONE EURO

Dans une interview à la chaîne publique ARD, Angela Merkel a répondu aux critiques du dirigeant social-démocrate en déclarant que son gouvernement avait déjà accru l'investissement.

"Nous ne pouvons pas dépenser actuellement l'argent que nous avons", a encore déclaré la chancelière, expliquant que le ralentissement des investissements était dû à des problèmes d'engorgement des capacités dans le secteur du BTP et de planification au niveau des autorités régionales.

Angela Merkel a ajouté que le gouvernement fédéral avait déjà prévu, dans ses projets de budget à moyen terme, des fonds supplémentaires pour investir dans la construction de routes, le numérique et l'éducation.

Martin Schulz a également reproché à la chancelière d'avoir "promis en se vantant" de rétablir le plein emploi en Allemagne d'ici à 2025 - mesure phare du programme de la CDU-CSU dévoilé début juillet - sans pour autant préciser la manière dont elle comptait y parvenir.

Le président du SPD s'en est pris également au ministre des Finances Wolfgang Schäuble, qu'il a accusé d'affaiblir l'Europe en imposant toujours plus d'austérité à des pays comme la Grèce.

La zone euro a besoin d'un budget commun pour augmenter l'investissement et l'Allemagne doit se tenir prête à en faire davantage pour soutenir l'Europe, éventuellement en augmentant sa contribution financière, a-t-il dit.

Selon lui, les pays membres de l'Union qui se situent en dehors de la zone euro ne devraient plus pouvoir s'opposer à l'approfondissement de l'intégration de l'Union européenne et ceux qui refusent de se montrer solidaires des autres pays dans les dossiers importants devraient pouvoir être sanctionnés financièrement.

(Holger Hansen et Michael Nienaber, Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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