Les "salles de shoot" ont-elles déjà montré leur utilité ?

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À Paris, de nombreux résidents sont fortement mobilisés contre l'aménagement de "salles de shoot", destinées à offrir aux consommateurs de drogue des "lieux de repos".
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Ce mercredi, Jean Castex a donné son autorisation à la mairie de Paris pour ouvrir de nouvelles salles de consommation à moindre risque (SCMR). Ces salles dédiées aux consommateurs de crack qui font polémique ont-elles déjà prouvé leur utilité ?

C'est un sujet de crispation entre riverains et politiques. Les salles de consommation à moindre risque (SCMR), familièrement appelées "salles de shoot", vont de plus en plus s'implanter dans la capitale. Mercredi 15 septembre, le Premier ministre a donné l'autorisation à Anne Hidalgo pour aménager de nouvelles salles dédiées aux consommateurs de crack. 

Considérées comme des "lieux dédiés à l’accueil et au repos" pour les consommateurs, les salles de shoot se développent dans le but de poursuivre le déploiement de "l’offre de soins" dans le cadre du plan crack mais gênent les riverains et commerçants qui ne souhaitent pas cohabiter avec des toxicomanes. C'est le cas notamment dans le 20e arrondissement, dans le quartier Pelleport, où deux manifestations ont déjà eu lieu, d'autres sont prévues et des pétitions ont été signées.

"Pertinents", "utiles" et "efficaces"

En début de semaine, les députés Caroline Janvier (LREM) et Stéphane Viry (LR), chargés d’une mission flash sur le sujet, ont jugé ces dispositifs "pertinents", "utiles" et "efficaces", tout en soulignant que ces salles devaient se trouver dans les quartiers où les consommateurs ont l’habitude de consommer dans la rue. Au début du mois de juin dernier, le cabinet du ministre de la Santé avait également jugé "positif" le bilan des deux premières structures testées depuis octobre 2016 en France, à Paris et Strasbourg. 

L'exécutif souhaite d'ailleurs pérenniser l'existence de ces salles qui permettent aux usagers de drogues de s’injecter de l’héroïne et d’autres opiacés avec du matériel stérile, et depuis fin 2019 de fumer du crack dans un environnement sécurisé. Les deux centres ont permis de réduire les risques d’overdose et d’infection des toxicomanes. Lors des deux premières années d'expérimentation, ce sont pas moins de 1200 usagers de drogue qui ont été accompagnés et 100 000 prises de drogues sur l'espace public ont été évitées, indiquait France Culture au début de l'année 2019.

Cinq ans après leur ouverture, leur efficacité ne fait toujours aucun doute. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a réalisé une étude prouvant leurs effets positifs en termes de santé publique. Si les produits utilisés ne sont en aucun cas obtenus dans ces salles, elles permettent d'éviter au maximum les pratiques d’échange de matériel d’injection, les injections dans l’espace public, les risques d'abcès, les passages aux Urgences, le overdoses non-fatales, mais elles permettent également d'améliorer l’accès au dépistage VHC, l’accès aux médicaments de l’addiction aux opiacés, ainsi que l’accès à la médecine de ville.

24% de risque en moins de finir aux Urgences

À l'occasion de cette étude, l’institut a suivi pendant un an 665 consommateurs de drogues à Paris et Strasbourg, mais également à Bordeaux et Marseille, deux villes où ne se trouve aucune SCMR. Il en est ressorti que la probabilité d’avoir une injection susceptible de transmettre le VIH ou l’hépatite C est 10% inférieure pour les usagers des salles, par rapport à ceux qui n’y ont pas accès. Le risque de faire une overdose est réduit de 2% et la probabilité de finir aux urgences diminue de 24%. Les usagers qui ont accès à une salle et se retrouve de facto moins dans la rue commettent également moins de délits.

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Selon ce rapport de près de 350 pages, en 10 ans, les SCMR de Paris et Strasbourg permettraient d’éviter 11 millions d’euros de coûts médicaux occasionnés par l’usage de drogues. Quant à la salle installée près de la Gare du Nord, en 5 ans, elle aurait permis de diviser par 3 le nombre de seringues retrouvées dans le quartier. "La pérennité des dispositifs existants apparaît utile et une mise à l'échelle nationale de cette intervention est recommandable", conclut le rapport.

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