Sécheresse : voici la seule région de France métropolitaine où les prairies sont encore vertes

Seul le Limousin conserve des prairies verdoyantes grâce à des précipitations proches de la normale cette année.
Le HuffPost avec Getty Images Seul le Limousin conserve des prairies verdoyantes grâce à des précipitations proches de la normale cette année.

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Seul le Limousin conserve des prairies verdoyantes grâce à des précipitations proches de la normale cette année.

SÉCHERESSE - Pas de pluie, pas d’herbe verte. La France est en proie à une intense sécheresse depuis plusieurs semaines. Il n’est tombé que 8 millimètres de pluie en moyenne sur toute la France entre le 1er et le 25 juillet, selon les données transmises par Météo France. Résultat : l’herbe ne pousse plus. Seul le Limousin, qui regroupe notamment la Creuse, la Corrèze et la Haute-Vienne, est épargné comme vous pouvez le voir sur la carte en tête d’article.

Ces départements restent relativement verts car les précipitations sont proches d’une année classique, arrosant suffisamment les cultures. À l’inverse, le déficit hydrique touche particulièrement les prairies du sud ouest et celles le long de la Manche, alerte un rapport d’Agreste, service de statistique agricole rattaché au ministère de l’Agriculture, publié le vendredi 29 juillet. La quasi-totalité du pays est concernée par la sécheresse. Le recul du rendement des prairies atteint 60 % en Paca et dépasse 30% en Occitanie et dans les Hauts-de-France.

Plus d’herbe à brouter pour les animaux

Le manque d’eau et les épisodes caniculaires ont fortement fait reculer les rendements des prairies où poussent les fourrages pour nourrir les animaux. Au 20 juillet, la production est inférieure de 21 % à la normale.

Les conséquences de cette perte de rendement se font déjà ressentir du côté des agriculteurs qui craignent de manquer de nourriture pour leurs animaux. « Les stocks de fourrages ne sont (localement) plus suffisants pour nourrir le bétail tout au long de l’année », explique en effet sur Twitter l’agroclimatologue Serge Zaka.

Normalement, les éleveurs commencent à nourrir les bêtes avec du fourrage à partir d’octobre ou novembre, quand l’herbe n’est plus assez abondante. Mais pas le choix cette année, dans certaines régions, les animaux n’ont même plus de quoi brouter. Sur le terrain, Bruno Cardot, éleveur dans l’Aisne, le confirme : « Aujourd’hui tous les éleveurs français sont obligés de nourrir les animaux en pâture avec du foin récolté il y a deux mois prévus pour cet hiver », alerte-t-il dans une vidéo publiée sur sa page Twitter.

Certains agriculteurs vont même chercher du ravitaillement dans d’autres départements : « On sait où en trouver, mais le problème, c’est qu’il va falloir en trouver beaucoup et c’est sec dans toutes les régions. Donc si on n’a nulle part, là ça va être compliqué », témoigne Arnaud Etienne, exploitant de vaches laitières dans les Vosges, à France Bleu Sud Lorraine, qui voit déjà ses stocks de l’hiver s’écouler.

Planter des espèces résistantes aux sécheresses

L’herbe devient une denrée rare alors que la France a vécu le mois de juillet le plus sec depuis 1959, selon Météo France. Et la situation ne risque pas de s’améliorer en août alors que ce mois débute par le troisième épisode caniculaire de l’année. « Les 40 °C seraient atteints dès mardi à jeudi sur le sud-ouest sur un sol très sec : les cultures et écosystèmes vont souffrir », affirme encore Serge Zaka.

Pour faire face aux sécheresses de plus en plus intenses dues au réchauffement climatique, les chercheurs appellent à adapter les cultures. L’Institut national de la recherche agronomique (Inrae) a notamment lancé le programme Déroval pour travailler sur les « dérobées estivales », des cultures courtes très résistantes au sec, peu gourmandes en eau, pour prendre le relais des prairies. Quant aux cultures à planter, certaines espèces sont plus résistances comme le Moha, plante xérophile. Même si des mesures d’adaptations seront nécessaires dans le futur, elles restent insuffisantes face à la pénurie de fourrage cette année. Réduire sa consommation de viande permettrait de limiter la pression sur les sols mais aussi diminuer la consommation d’eau nécessaire pour l’élevage.

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