La Russie bannit complètement la « propagande LGBT » et fait craindre le pire

Un manifestant tient une affiche représentant le président russe Vladimir Poutine maquillé alors qu’il proteste contre l’homophobie et la répression contre les gays en Russie, devant l’ambassade de Russie à Madrid, le 23 août 2013.   (AFP PHOTO/ GERARD JULIEN (Photo de GERARD JULIEN / AFP)
GERARD JULIEN / AFP Un manifestant tient une affiche représentant le président russe Vladimir Poutine maquillé alors qu’il proteste contre l’homophobie et la répression contre les gays en Russie, devant l’ambassade de Russie à Madrid, le 23 août 2013. (AFP PHOTO/ GERARD JULIEN (Photo de GERARD JULIEN / AFP)

INTERNATIONAL - « Faire la promotion de relations sexuelles non traditionnelles » est désormais interdit en Russie. Les députés russes ont adopté ce jeudi 24 novembre des amendements qui élargissent considérablement le champ d’application d’une loi interdisant la « propagande » LGBT+, en plein virage conservateur du Kremlin accompagnant son offensive militaire en Ukraine.

Cette nouvelle loi est une version augmentée d’un texte très décrié de 2013 bannissant la « propagande » LGBT+ auprès des mineurs. Elle s’étend maintenant à tous les publics : les médias, sur Internet, dans les livres et dans les films.

160 000 euros d’amende pour les contrevenants

Ce vaste champ d’application, ainsi que la large interprétation permise par le concept vague de « promotion », font craindre une répression accrue envers les communautés LGBT+ en Russie. Elles font déjà l’objet d’une forte discrimination et subissent la répression depuis des années.

« Promouvoir les relations sexuelles non-traditionnelles est interdit (...) Une interdiction de la promotion de la pédophilie et du changement de genre a également été introduite », a déclaré dans un communiqué le chef de la chambre basse du Parlement (Douma), Viatcheslav Volodine. « Les amendes s’élèvent à 10 millions de roubles » (environ 160 000 euros NDLR) pour les contrevenants, a-t-il ajouté.

Dans le contexte du conflit en Ukraine, cette loi est dépeinte comme un moyen de « défendre » la Russie contre un assaut des pays occidentaux sur le plan des valeurs. Viatcheslav Volodine a d’ailleurs déclaré qu’elle permettrait de « protéger nos enfants et l’avenir de ce pays contre les ténèbres répandues par les Etats-Unis et les pays européens. Nous avons nos propres traditions et valeurs ».

Des films et des livres bannis

Outre les personnes LGBT+, cette loi préoccupe également les acteurs du cinéma et de la littérature, qui craignent un renforcement d’une censure déjà très forte. Le roman culte « Lolita », de Vladimir Nabokov, pourrait par exemple être interdit.

« La vente de biens contenant des informations interdites » sera désormais bannie et « les films qui font la promotion de relations (non-traditionnelles+, NDLR) ne recevront pas de certificat de distribution », selon le site de la Douma.

Pour que le texte prenne force de loi, il doit encore être validé par la chambre haute du Parlement, le Conseil de la Fédération, et signé par le président Vladimir Poutine, ce qui constitue des formalités.

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