La Russie coupe le gaz, l’Allemagne contre-attaque sur le pétrole

Photo Hannibal Hanschke/Reuters

“À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.” Le gouvernement d’Olaf Scholz a dégainé “une solution de dernier recours” pour sécuriser l’approvisionnement énergétique national, rapporte l’Augsburger Allgemeine. Il a annoncé, ce vendredi 16 septembre, que les activités allemandes du géant pétrolier russe Rosneft seraient désormais contrôlées par l’État, en perspective de l’embargo sur le pétrole russe prévu début 2023.

Vladimir Poutine est au moins hors jeu à Vohburg, Schwedt et Karlsruhe”, s’est réjoui le journal bavarois après cette annonce. Les raffineries de ces trois villes allemandes étaient jusqu’à présent exploitées par les filiales Rosneft Allemagne (RDG) et RN Refining & Marketing (RNRM). Par ce biais, le groupe Rosneft gérait 12 % des capacités de raffinage pétrolier du pays.

Un nouvel oléoduc

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, cette “intervention étatique de grande ampleur apparaît totalement logique”, assure le titre d’outre-Rhin. Elle devrait en effet permettre à l’Allemagne de passer ses commandes de pétrole ailleurs qu’en Russie, contrairement à ce que faisait jusqu’ici Rosneft.

L’approvisionnement de la stratégique raffinerie de Schwedt, qui dessert Berlin et ses environs, ne dépendra par exemple plus du bon vouloir de Moscou. Un oléoduc la reliant au port de Rostock, situé le long de la mer Baltique, doit être construit dans cette optique. Un accord a également été conclu avec la Pologne pour faire venir du pétrole en Allemagne par le port de Gdansk et la partie polonaise de l’oléoduc Droujba.

“Enjeu majeur”

Cet épisode, analyse l’Augsburger Allgemeine, prouve que “l’énergie est devenue un enjeu majeur”, au point que le gouvernement allemand pourrait même “nationaliser de facto” le fournisseur de gaz Uniper, fragilisé par la hausse des prix et l’arrêt estival des livraisons de gaz russe.

Déjà actionnaire à hauteur de 30 % depuis le mois de juillet, l’État envisage de monter encore au capital de l’entreprise pour la sauver du marasme financier et “éviter une catastrophe” sur le marché de l’énergie.

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