"Un rendez-vous avec l'Histoire": des personnalités appellent le Sénat à voter la constitutionnalisation de l'IVG

Montage montrant côte-à-côte l'écrivaine Annie Ernaux et l'actrice Julie Gayet. - CHRISTINE OLSSON / TT NEWS AGENCY /JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
Montage montrant côte-à-côte l'écrivaine Annie Ernaux et l'actrice Julie Gayet. - CHRISTINE OLSSON / TT NEWS AGENCY /JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Alors que le Sénat doit se prononcer le 1er février sur l'inscription dans la Constitution de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), près de deux mois après un vote dans ce sens des députés, plusieurs personnalités ont appelé dans une tribune publiée dans le JDD les élus de la chambre haute à un "rendez-vous avec l'Histoire".

"Nous comptons sur les sénateurs pour, comme les députés, dépasser les clivages partisans, pour faire prévaloir l'importance de l'enjeu et leur attachement au droit des femmes à disposer de leurs corps en votant massivement en faveur du texte présenté", détaille le document, signé par l'écrivaine prix Nobel de littérature Annie Ernaux ou encore les actrices Julie Gayet et Laure Calamy.

Les signataires rappellent que ce vote interviendra peu après le 48e anniversaire de la loi Veil - qui a légalisé en France l'avortement - fixé au 17 janvier prochain.

"L'avortement n'est ni un problème, ni un drame, mais bien une solution à une grossesse non désirée", plaide la tribune.

Une adoption hypothétique

Cet appel aux sénateurs se justifie d'autant plus, selon les signataires, que partout dans le monde, l'IVG est un droit menacé. Dernier exemple en date: la décision l'été dernier de la Cour Suprême américaine de mettre fin à la protection fédérale du droit à l'avortement.

"Le droit à l’avortement doit être protégé et garanti, assuré de ne pas être balayé par la velléité d’un bulletin de vote, l’expression d’un ras-le-bol, d’une lassitude ou d’une colère…", souligne le texte.

Pour entrer définitivement dans la Constitution, le droit à l'IVG doit être voté dans les mêmes termes par l'Assemblée nationale et le Sénat, avant d'être soumis aux Français par voie de référendum.

Mais l'adoption par les sénateurs du texte le mois prochain reste grandement hypothétique. Dominée par la droite et le centre, l'institution avait rejeté en octobre 2022 une proposition identique portée par la sénatrice EELV Mélanie Vogel.

Article original publié sur BFMTV.com