La race, une catégorie sociale

Libération.fr
L’hémicycle de Assemblée nationale le 26 juin.

Mercredi, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité la suppression du mot «race» de l'article premier de la Constitution. Pourtant, plus qu’une catégorie biologique, la race est une construction sociale : rayer l’expression de nos textes de loi ne fera pas disparaître le racisme.

L’idée de supprimer le mot «race» de la Constitution, entérinée le 27 juin par l’Assemblée nationale, est ancienne. On connaît et l’on comprend ses motivations. Son maintien est jugé stigmatisant et, de surcroît, obsolète au regard des données de la science moderne. Pourtant, c’est une très mauvaise idée. Ses inconvénients juridiques ont été clairement dégagés (1). Mais l’essentiel est probablement ailleurs et cette modification n’aurait évidemment qu’un effet homéopathique.

Stratégie d’éradication lexicale

De nombreux arguments peuvent être mobilisés en faveur de la stratégie d’éradication lexicale. En effet, quel que soit l’intérêt des attributs biologiques pour élaborer une typologie mesurant la différence globale entre deux populations (la distance biologique), le tableau construit à partir de ces données ne constitue pas un outil fiable pour grouper logiquement ces populations en taxons (en sous-ensembles). Dans ses travaux, le regretté Jean Gayon a montré que les tentatives de générations d’anthropologues physiques pour définir les races humaines en s’appuyant sur des critères morphologiques puis sérologiques ont échoué parce que, chez l’homme, dès que l’on fait intervenir plusieurs critères, les distributions géographiques ne se recouvrent pas. Dès lors, «toute classification devient affaire de convenance». Si, ajoute-t-il, «il existe objectivement entre les hommes des différences qui résultent de l’histoire passée des groupes en tant que tels (adaptation au climat, migration, isolement…), ces différences n’autorisent pas pour autant à parler de types raciaux disjoints». On ne saurait mieux dire.

Il reste pourtant vrai que ce n’est pas sur le terrain de la biologie ou de la (...)

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