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Qui est Quentin Bataillon, sous le feu des critiques après son passage dans TPMP ?

Âgé de 30 ans, le président de la commission d'enquête sur l'attribution des fréquences de la TNT a été élu en 2022 dans la 1ère circonscription de la Loire.

Quentin Bataillon est l'un des plus jeunes députés du groupe présidentiel à l'Assemblée (Photo : Sylvain Lefevre/Getty Images)

Son itinéraire politique et professionnel dessine le parcours d'un ambitieux prêt à sauter sur toutes les opportunités. Alors qu'il préside actuellement la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'attribution des fréquences de la TNT, Quentin Bataillon a déclenché une polémique en se rendant cette semaine sur le plateau de l'émission TPMP sur C8, à l'invitation de Cyril Hanouna, passé devant sa commission il y a quelques semaines.

Si de nombreuses voix réclament sa démission de la présidence de la commission, le député de la 1ère circonscription de la Loire a maintenu ce jeudi matin sur Franceinfo qu'il n'avait rien à se reprocher. La décision de le mettre à l'écart ne pourra donc être prise que par son groupe parlementaire, Renaissance, qu'il a rejoint au moment de son élection à l'Assemblée en 2022, après avoir débuté du côté des Républicains (LR).

Débuts précoces à l'UMP

Plus précisément, la carrière politique de Quentin Bataillon a commencé à l'UMP (l'ancien nom du parti de droite conservatrice), à l'occasion des élection cantonales de 2011 dans la commune de Feurs. Âgé de seulement 17 ans à l'époque, il assure la fonction de directeur de campagne du candidat sortant Henri Nigay, qui sera réélu.

L'année suivante, alors qu'il poursuit des études de communication, Bataillon travaille en stage pendant plusieurs mois pour la société Bygmalion, chargée d'organiser la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, puis la campagne des candidats UMP pour les élections législatives. Il y rencontre notamment Jérôme Lavrilleux, dont il deviendra l'assistant parlementaire en 2014, lorsque ce dernier sera élu député européen.

Bygmalion, un nom encombrant sur le CV

Il avait d'ailleurs déjà occupé ce poste auprès de la députée Françoise Grossetête à partir de 2012. En 2014, le jeune homme de 21 ans entre également au conseil municipal de Feurs, sa ville natale, sur la liste du maire réélu Jean-Pierre Taite. Le nom de Quentin Bataillon est ensuite évoqué par les médias en rapport avec l'affaire Bygmalion, qui vaudra une mise en examen à Jérôme Lavrilleux en 2015 (et finalement une condamnation définitive par la justice, dix ans plus tard).

À partir de cette date, Quentin Bataillon s'éloigne progressivement de son mentor (dont il reste assistant parlementaire) mais affermit ses réseaux au sein de sa famille politique. Proche de l'aile centriste de LR, il participe activement au rapprochement avec le parti En Marche d'Emmanuel Macron à partir de l'élection de ce dernier à la présidence de la République en 2017.

Rapprochement avec le parti présidentiel

En septembre 2018, Quentin Bataillon devient ainsi directeur général du parti "Agir, la droite constructive", qui rassemble des dissidents de LR autour de Franck Riester. Lorsque ce dernier entre au gouvernement comme ministre de la Culture deux mois plus tard, Bataillon le suit et devient son "conseiller politique et parlementaire".

Il continue ensuite de cumuler les fonctions au sein du micro-parti de centre-droit et de se rapprocher de la majorité présidentielle. Il sera ainsi candidat aux élections régionales de 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes sur la liste du macroniste Bruno Bonnell. Comme son chef de file à l'échelle de la région, Quentin Bataillon est toutefois largement battu dans sa circonscription : cinquième du scrutin, avec 8,74% des voix.

Il profite des luttes de pouvoir à gauche pour accéder à la députation

Le jeune loup prendra sa revanche dès l'année suivante, à l'occasion des élections législatives pour lesquelles il est investi tête de liste par la coalition présidentielle Ensemble ! dans la 1ère circonscription de la Loire. Profitant notamment, selon le média local If, des luttes de pouvoir à gauche (un dissident du PS s'était présenté face à la candidate de la NUPES), Bataillon est finalement élu député au second tour avec 52,10% des suffrages exprimés.

Toujours pas membre, officiellement, du parti présidentiel, Quentin Bataillon a toutefois intégré le groupe parlementaire Renaissance dès son arrivée à l'Assemblée. Relativement discret lors des deux premières années de son mandat, il s'est fait remarquer depuis quelques semaines à la tête de la commission d'enquête sur les fréquences de la TNT. Avant, donc, de basculer dans le bad buzz en acceptant l'invitation de Cyril Hanouna.