La quête des traces d'un univers précédent

GURZADYAN AND PENROSE

Voici un siècle qu'a germé l'idée que des univers pourraient se succéder de manière cyclique, alternant phases d'expansion et de contraction du cosmos. Une autre théorie se démarque, celle du prix Nobel de physique 2020, Roger Penrose. Selon lui, les Big Bang s'enchaînent et l'univers précédent aurait laissé des traces qui restent à découvrir.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°909, daté novembre 2022.

Dans un futur extrêmement éloigné, l'Univers se sera tellement étendu et refroidi qu'il ne sera plus capable de former des galaxies ni de nouvelles étoiles. Il connaîtra alors une lente agonie marquée par la dislocation des superstructures et la décrépitude des dernières étoiles, englouties notamment dans de gigantesques trous noirs. Or, tandis que le cosmos continuera à jamais de s'étendre, suscitant toujours plus d'isolement, de vide et d'obscurité, sa température tendra inexorablement vers le zéro absolu (-273,15 °C), la plus basse possible. Ce sera la "mort thermique" de l'Univers. Un scénario privilégié aujourd'hui par une majorité d'astrophysiciens et qui pourrait se produire dans 10100 années. Donc la fin de toute chose, figée dans le silence et un "ennui" éternels ?

Lauréat en 2020 du Nobel de physique, le Britannique Roger Penrose défend depuis une dizaine d'années une tout autre hypothèse. Il suppose, de manière aussi provocatrice que paradoxale, que le cosmos retournera dans un très lointain avenir à sa situation originelle : soit un état extrêmement condensé et chaud, qui engendrera alors un nouveau cycle de formation d'étoiles. De façon analogue, les débuts de l'Univers résulteraient eux-mêmes d'une évolution antérieure… et donc d'un avant-Big Bang !

Roger Penrose, un Nobel génial aux contributions éclectiques

Né en 1931 à Colchester, au Royaume-Uni, actuellement professeur émérite à l'université d'Oxford, sir Roger Penrose (il a été anobli en 1994 par la reine Elisabeth II) poursuit une carrière aussi féconde que diversifiée. Après un doctorat dans le domaine de la géométrie algébrique, il se passionne dès les années 1960 pour la cosmologie. Et réalise des contributions majeures pour la théorie de la relativité générale et la physique des trous noirs (récompensées un demi-siècle plus tard par un prix Nobel), avant de s'intéresser aux théories quantiques de [...]

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