Publicité

PSG: Denis Troch salue le "charisme" d’Artur Jorge, qui a "révolutionné l’état d’esprit" des clubs français

PSG: Denis Troch salue le "charisme" d’Artur Jorge, qui a "révolutionné l’état d’esprit" des clubs français

Leurs épaisses moustaches noires leur donnaient des faux airs de Dupond et Dupont. Artur Jorge et son adjoint Denis Troch ont fait les beaux jours du PSG entre 1991 et 1994, avant de revenir en 1998-1999. Une période faste pour le club de la capitale, qui a notamment remporté son deuxième titre de champion de France avec Raï, Valdo, David Ginola ou George Weah (en 1994). Trente ans plus tard, Artur Jorge s’est éteint des suites d’une longue maladie, la semaine passée, à l’âge de 78 ans. Invité de l’émission Kop Paris, ce lundi sur BFMTV, Denis Troch a rendu hommage au mythique Portugais qu’il a longtemps secondé dans la capitale, après l’avoir rencontré au Matra Racing.

"Artur impressionnait tout le monde. Il avait un tel charisme qu’il rayonnait. J’ai déjà vu des gens briller par leur charisme, mais rayonner comme lui le faisait, je n’en avais jamais vus. Il dégageait de la force et de la simplicité par son silence", a expliqué le technicien de 64 ans, devenu préparateur mental. "C’était une exception. J’ai rarement vu de personne aussi qualifiée, aussi instruite, érudite, déterminée. Et en plus, connaître le football de façon hors-norme. Il savait réussir et gagner (…) C’est un phénomène. Il était à contre-courant, mais toujours avant-gardiste. Il défrichait, ça veut dire aussi qu’il allait à l’encontre de la normalité. Et il a créé une normalité autre que celle que le football avait à cette époque: savoir gagner, être humble, être fort et savoir résister sous pression."

"Le premier entraîneur en France qui a créé la concurrence"

Denis Troch a aussi rappelé l’impact qu’Artur Jorge a eu sur le destin du football français: "A la fin des années 1980, c’est le premier entraîneur en France qui a créé la concurrence. Il y avait vingt-cinq joueurs dans son effectif. Habituellement, on jouait à onze, plus quelques remplaçants. Lui a révolutionné cet état d’esprit. Il savait que la concurrence apportait une amélioration et une émulation. On ne pouvait pas se cacher avec Artur Jorge. On était obligé de s’investir et de réussir."

Entre Denis Troch, ancien gardien passé par la réserve du PSG, et le "Roi Artur", les rôles étaient parfaitement définis au quotidien. Une manière de préserver l'aura du manager lusitanien. "Moi, j’étais l’entraîneur en titre du PSG, Artur était le manager", détaille son ex-adjoint. "Et la différence était visible. Sur le terrain, il y avait un aboyeur, c’était moi. Je me levais sans arrêt. Et si je n’étais pas debout, Artur m’obligeait à me lever pour que lui reste calme et serein. D’ailleurs, les arbitres et les délégués venaient sans arrêt me voir en me disant: ‘Mais prenez exemple sur Artur Jorge’ (rires)".

Article original publié sur RMC Sport