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Proche de l'extrême droite, complotiste, candidat aux législatives... Qui est David Van Hemelryck, qui réclame la destitution de Macron ?

Invité de Cyril Hanouna dans TPMP ce lundi soir, il s'était déjà fait remarquer en réclamant la destitution de François Hollande lorsqu'il était président.

David van Hemelryck dans une vidéo publiée sur son compte X.
David van Hemelryck dans une vidéo publiée sur son compte X.

Un avion tirant une banderole "destitution", dont la lettre "o" est remplacée par le visage d'Emmanuel Macron. Aux commandes, David Van Hemelryck, 42 ans, invité de TPMP sur C8 ce lundi 11 septembre, et qui se fait remarquer dans les airs depuis plusieurs semaines.

Le Touquet, Marseille, le Mont-Saint-Michel, Calais... Le pilote, diplômé de polytechnique, a fait le tour des plages cet été avec sa banderole réclamant la destitution d'Emmanuel Macron. Dans la cité phocéenne, il a expliqué que les gendarmes avaient essayé de l’empêcher de s’envoler, puis qu’il avait été "poursuivi" par des hélicoptères de l’armée lorsqu’il était dans le ciel. Un buzz qui n'est sans doute pas innocent dans sa présence ce lundi soir aux côtés de Cyril Hanouna.

Un habitué des coups d'éclats proche de l'extrême droite

Mais ce n'est pas la première fois que David Van Hemelryck se fait remarquer. Le 11 novembre 2013, coiffé d'un bonnet rouge et en compagnie de 80 personnes, il hue le président François Hollande sur les Champs-Élysées lors des commémorations. À ses côtés, quelques adhérents UMP, d'anciens sympathisants déçus par le parti de droite, des membres du FN, ainsi qu'une poignée d’identitaires, mouvement d'extrême droite radicale.

Un an plus tard, alors que le chef de l'État s'apprêtait à inaugurer le mémorial de Notre-Dame-de-Lorette consacré à la Première guerre mondiale, un avion de tourisme tirant une banderole "www.Hollande démission.fr" survole le lieu, avant d'être éloigné de la zone par un hélicoptère de l'armée de l'air. Aux commandes, David van Hemelryck, qui dirige alors le groupe "Hollande démission".

Présent lors de la Manif pour tous, il réclamait la destitution d'Hollande

Son militantisme naît quelques mois plus tôt, le 24 mars 2013 lors des "Manifs pour tous" contre le mariage homosexuel, explique-t-il à France Info en 2013. "Pas contre le mariage homo, mais pour la famille et les enfants", explique-t-il un an plus tard à L'Express. Présent lors de la manifestation, ce sont les heurts avec les forces de l’ordre, en fin de manifestation, qui lui servent de déclic. Souhaitant dénoncer les "violences policières", il crée le site prisonnierpolitique.fr, puis le "Camping pour tous", qui tente, sans succès, de camper devant le Sénat et l'Assemblée nationale pendant les débats sur la loi Taubira.

En parallèle, il se rapproche du Printemps français, où une partie de la droite côtoie l'extrême droite dans une opposition acharnée au mariage pour tous. La loi Taubira adoptée, sa cible privilégiée devient François Hollande. Fort de ses deux coups d'éclats des 11 novembre et de leur médiatisation, il est alors invité de nombreux médias, et réclame la tenue d'un référendum afin de mettre en place une "motion de censure venue du peuple pour ‘démissionner’ le président". Il dénonce en vrac "l'incompétence du président, son impopularité, son extrémisme, son jusqu'au-boutisme, sa politique de répression".

Candidat aux législatives en 2017

L'avion marque les esprits et en 2014, il travaille pour Nicolas Dupont-Aignan dans le cadre des élections européennes, avec pour mission de porter ses couleurs dans le ciel. En 2015, il annonce cesser son militantisme pour des raisons personnelles, après avoir utilisé ses 45 000 euros d'économies pour ses actions, et été relaxé deux fois pour les perturbations du 11 novembre.

En marge de la présidentielle de 2017, il prévoit son retour pour contrer l’avènement de "l’héritier de François Hollande", sans qu'on ne trouve la trace d'une mobilisation. Il enchaîne avec une candidature aux législatives sous l'étiquette de Debout la France, le parti de Dupont-Aignan dans la deuxième circonscription du Loiret, où il récolte 0,86% des suffrages.

Selon son plan, Macron sera destitué en décembre

En 2020, raconte Nice-Matin, il part vivre en Ukraine, à Odessa, à bord de son avion et rentre dans l'Hexagone à la veille du premier tour de la présidentielle 2022. Devenu professeur de maths et de danse, David van Hemelryck soutient ouvertement Éric Zemmour et relaie des fake news comme la rumeur que Brigitte Macron est un homme, que l'incendie de Notre-Dame visait à "raser le symbole de la France chrétienne et le remplacer par un truc maçonnique" ou encore les éléments des anti-vaccins ("Je ne veux pas me faire injecter de produit génétique mal testé"). Il reste persuadé que la France vit en dictature. "Je refuse de collaborer à la dictature de Macron !!", écrit-il notamment sur ses réseaux sociaux, où il relaie de fausses informations sur le vaccin et relaie des théories complotistes comme le grand remplacement.

Après sa tournée des plages à bord de son avion qui lui vaut son passage dans TPMP, il vise la distribution d’un million d’autocollants appelant à la destitution d'Emmanuel Macron. En octobre, mettre la pression sur les parlementaires pour que, le mois suivant, il obtienne 6 millions de signatures à sa pétition. Clou du programme au mois de décembre : selon lui, le Parlement serait obligé de voter la destitution telle qu’elle est prévue par l’article 68 de la Constitution, affirme-t-il sur son compte Tiktok.

VIDÉO - Les livres complotistes cartonnent en ligne