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En quoi consiste la carte "famille monoparentale" aux prix préférentiels voulue par deux sénatrices

Une carte "famille monoparentale" après la carte "famille nombreuse"? Lors d'une conférence de presse ce jeudi 28 mars, la délégation aux droits des femmes du Sénat propose de tester un dispositif de carte "famille monoparentale". Cette carte, facultative et renouvelable chaque année, permettrait d'ouvrir à des avantages et des tarifs préférentiels pour les familles modestes à un seul parent.

Elle permettrait d'avoir accès à certains services et prestations (cantine scolaire, transports publics et collectifs, loisirs, colonies de vacances, activités périscolaires, activités sportives et culturelles, mutuelle) à prix plus bas.

82% des parents solos sont des femmes

Cette proposition est une des 10 recommandations qui conclut un rapport des sénatrices Colombe Brossel (groupe socialiste, écologiste et républicain) et Béatrice Gosselin (apparentée Les Républicains) pour mieux soutenir et accompagner les parents "solo".

Les deux sénatrices ont auditionné pendant trois mois des institutions, associations et parents concernés pour cerner les difficultés rencontrées par les familles monoparentales.

Une famille sur quatre en France est monoparentale, avec une femme à sa tête dans 82 % des cas, rappelle le document. Selon l'Insee, la pauvreté touche 45% des enfants qui vivent seuls avec leur mère.

Dans leur rapport, les sénatrices insistent aussi sur la fragilité économique de ces familles.

"15% des familles monoparentales qui seraient éligibles, ne bénéficient ni du RSA, ni de l'allocation de soutien familial (187,24 euros par mois et par enfant, versés en cas de défaillance de l'autre parent"), pointe le rapport.

Ce dernier recommande fortement des campagnes de communication sur l'accès aux droits.

Identifier ces familles

À la différence de la version "familles nombreuses", une telle carte serait aussi "un moyen pour les parents en situation de monoparentalité de se signaler comme tels" auprès des administrations ou de leur employeur.

Lors des auditions, certains employeurs ont en effet indiqué qu'ils souhaitaient proposer des dispositifs plus souples à leurs salariés parents isolés (horaires plus flexibles, télétravail...) mais ne savaient pas précisément comment les identifier.

La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a récemment soutenu l'idée d'une telle "carte" pour améliorer la "reconnaissance plus spécifique que l'on doit aux familles monoparentales".

Un rapport en cours à l'Assemblée

La mission s'attaque également à la question des pensions alimentaires "qui ne sont pas payées dans près d'un tiers des cas". Elle préconise des "objectifs plus ambitieux de réduction des taux d'impayés" et envisage la piste d'un "prélèvement à la source si ces objectifs ne sont pas atteints".

Parmi les autres propositions du rapport, les sénatrices évoquent une remise à plat des aides sociales afin de corriger plusieurs incohérences. Notamment le risque de baisse des ressources lorsque le parent se remet en couple, du fait de la suppression de certaines prestations sociales. Le rapport propose ainsi d’expérimenter un "maintien provisoire" de l’Allocation de soutien familial (ASF) en cas de remise en couple.

Depuis début mars, deux parlementaires planchent aussi sur la question des familles monoparentales, mandatés par Matignon. Sur le même sujet, le député socialiste Philippe Brun a lancé en octobre un groupe transpartisan à l'Assemblée nationale afin d'aboutir à une proposition de loi au premier semestre.

Article original publié sur BFMTV.com