Des premiers cas du virulent virus de Marburg ont été détectés au Ghana

Des premiers cas du virulent virus de Marburg ont été détectés au Ghana

Deux cas de la maladie à virus de Marburg, une fièvre hémorragique presque aussi meurtrière qu'Ebola, ont été enregistrés au Ghana, les tout premiers dans le pays, ont annoncé dimanche les autorités sanitaires.

Le 8 juillet, les prélèvements sanguins de deux personnes réalisés dans la région d'Ashanti (sud) suggéraient le virus de Marburg et les échantillons avaient été envoyés à l'Institut Pasteur de Dakar (IDP) pour confirmation.

"Les tests supplémentaires effectués à l'IDP, au Sénégal, ont corroboré les résultats", a annoncé dimanche le Dr Patrick Kuma-Aboagye, directeur-général du Service de santé ghanéen (GHS), dans un communiqué. "C'est la première fois que le Ghana confirme (la présence) du virus de Marburg", a-t-il précisé.

Les 98 personnes identifiées comme cas contact sont actuellement en quarantaine, ajoute le communiqué, précisant qu'aucun autre cas de Marburg n'a pour l'heure été détecté parmi elles. Les autorités sanitaires disent tout faire pour "protéger la santé de la population", appelant à la coopération "de tous" pour que le virus soit "contenu de manière efficace".

Transmis par les chauves-souris

La maladie à virus de Marburg se transmet à l'homme par les chauves-souris frugivores et se propage dans l'espèce humaine par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées, ou avec les surfaces et les matériaux, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La maladie commence de façon soudaine, avec une forte fièvre, des céphalées intenses et un éventuel malaise. Le taux de létalité moyen de cette maladie avoisine les 50 %. Il a varié de 24 % à 88 % lors des flambées épidémiques précédentes, en fonction de la souche virale et de la gestion des cas, selon l'OMS.

L'OMS avait annoncé en septembre 2021 la fin du premier épisode du virus de Marburg en Afrique de l'Ouest, 42 jours après l'identification d'un cas unique en Guinée.

Des flambées et des cas sporadiques avaient par le passé été signalés ailleurs en Afrique, notamment en Afrique du Sud, en Angola, au Kenya, en Ouganda et en République démocratique du Congo.

Bien qu'il n'existe pas de vaccins ou de traitements antiviraux approuvés pour traiter le virus, la réhydratation par voie orale ou intraveineuse et le traitement des symptômes spécifiques améliorent les taux de survie.

+63% d'épidémies zoonotiques en 10 ans

Comme l'a indiqué la semaine dernière le bureau régional de l'OMS, le nombre d'épidémies zoonotiques (d'origine animale) a augmenté de 63% ces dix dernières années en Afrique. "L'Afrique est confrontée à un risque croissant d'épidémies causées par des agents pathogènes zoonotiques, tels que le virus de la variole du singe qui est apparu chez les animaux avant de changer d'espèce et d'infecter les humains", écrit l'OMS-Afrique dans un communiqué diffusé en parallèle à son point de presse hebdomadaire.

L'OMS a relevé entre 2001 et 2022 en Afrique "1 843 événements de santé publique avérés" dont 30% étaient des épidémies de zoonoses. Ces chiffres ont augmenté au cours des deux dernières décennies, mais "un pic particulier a été enregistré en 2019 et 2020, lorsque les agents pathogènes zoonotiques ont représenté environ 50% des événements de santé publique".

"La maladie à virus Ebola et d'autres fièvres hémorragiques virales constituent près de 70% de ces épidémies, notamment la dengue, le charbon, la peste, la variole du singe, et une série d'autres maladies constituent les 30% restants", précise le communiqué.

L'OMS avance plusieurs raisons à l'augmentation des cas de zoonoses. "L'Afrique a la population qui croît le plus rapidement au monde et il y a une demande croissante d'aliments dérivés des animaux", écrit-elle. "La croissance démographique entraîne également une urbanisation croissante et un empiétement sur les habitats de la faune sauvage", constate l'OMS-Afrique.

Par ailleurs, poursuit-elle, "les liaisons routières, ferroviaires, maritimes et aériennes s'améliorent (...), ce qui accroît le risque de propagation des épidémies" de zones reculées vers les grandes zones urbaines.

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