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"Ils prétendent défendre la nation, ils la divisent": Ruffin s'en prend au RN après la manifestation à Romans-sur-Isère

"Il est évident que quand l'ultradroite manifeste, c'est parce qu'elle y est autorisée sur le plan politique", a déclaré ce dimanche François Ruffin, au lendemain d'un défilé de militants d'extrême droite dans les rues de Romans-sur-Isère.

Près d'une semaine après la mort de Thomas, 16 ans, en marge d'un bal à Crépol, dans la Drôme, 80 militants d'extrême droite ont défilé dans les rues de Romans-sur-Isère ce samedi. Plus précisément dans le quartier de la Monnaie, dont seraient originaires une partie des jeunes impliqués dans la mort de l'adolescent.

Lors de ce défilé où des slogans nationalistes ont été scandés, au moins 20 personnes ont été interpellées. Si le patron des Républicains Éric Ciotti a refusé sur BFMTV de condamner ce défilé d'extrême droite, le député de la Somme François Ruffin a vivement dénoncé cette manifestation, lors de l'émission "Dimanche en Politique" sur France 3.

"Il est évident que quand l'ultradroite manifeste, c'est parce qu'elle y est autorisée sur le plan politique", a analysé l'élu insoumis, pointant le rôle des "discours du RN, de Reconquête".

"Ils prétendent défendre la nation, ils la divisent. Ils sont à l'opposé de la décence et de la dignité qui a animé la marche blanche pour Thomas et ses obsèques", critique encore François Ruffin sur X (anciennement Twitter).

Le député picard n'est pas la seule figure à gauche à pointer le rôle de l'extrême droite au lendemain du défilé à Romans-sur-Isère.

"Ni la France ni la rue n'appartiennent à l'extrême droite"

Marine Tondelier, cheffe des écologistes, a notamment affirmé que ce camp politique "a une vraie responsabilité" dans la manifestation de samedi soir, "et ce n'est pas la première fois, ça fait des mois que ça monte en criant 'la rue, la France nous appartient'". "Ni la France ni la rue n'appartiennent à l'extrême droite", a-t-elle tranché.

Même indignation chez le coordinateur politique de La France insoumise Manuel Bompard qui a dénoncé dimanche sur Cnews et Europe 1 "une tentative de ratonnade".

"Ce n'était pas une manifestation pacifique pour obtenir justice pour Thomas", a-t-il regretté, dénonçant la volonté de l'extrême-droite de "donner une lecture politique à ces actes alors que l'enquête est toujours en cours".

Dès que les faits ont été connus, droite et extrême droite ont multiplié les tweets et les déclarations faisant le lien entre cet acte et l'immigration. Elles ont évoqué la "racaille", le "racisme anti-blanc" le "jihad du quotidien" ou encore, selon Marine Le Pen, "une attaque organisée, émanant d'un certain nombre de banlieues criminogènes dans lesquelles se trouvent des milices armées qui opèrent des razzias".

Article original publié sur BFMTV.com

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