Pourquoi la marche pour les retraites de samedi est un pari risqué pour LFI et Mélenchon

L'ancien candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, arrive deux jours après le succès de la manifestation syndicale contre la réforme des retraites - AFP
L'ancien candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, arrive deux jours après le succès de la manifestation syndicale contre la réforme des retraites - AFP

"Samedi 21 janvier: coucou nous revoilou". Voici le titre de la dernière note de blog de Jean-Luc Mélenchon. Le leader de La France insoumise (LFI) a pris rendez-vous. Il sera présent à la manifestation des organisations de jeunesse contre la réforme des retraites à laquelle participent les siens.

Le triple candidat à la présidentielle est sous pression. Après une mobilisation intersyndicale qui a rassemblé entre 1,12 et 2 millions de personnes en France jeudi, il sera "difficile de faire mieux", euphémise Matthieu Croissandeau sur BFMTV.

"Queue de poisson" des syndicats

Notre éditorialiste rappelle que "Jean-Luc Mélenchon rêvait de prendre la tête de la contestation sociale" et ainsi "doubler les syndicats". Résultat: il "s'est pris une queue de poisson". Les centrales ont fixé leur date de mobilisation deux jours avant celle prévue par les organisations de jeunesse. Le triple candidat à la présidentielle devra donc passer après ce succès.

Un premier enjeu pour lui: le nombre de personnes présentes sur place pour battre le pavé. La marche contre la vie chère organisée par LFI le 16 octobre dernier avait débouché sur un succès relatif, rassemblant 140.000 participants selon les organisateurs, 30.000 d'après la police.

"Je vous demande vraiment de faire l'effort dans cette bataille"

Ces derniers jours, les insoumis se sont démultipliés.

"Nous avons distribué des tracts, organisé des cars, collé des affiches. Et ça continue maintenant pour que le 21 soit un succès", expliquait Jean-Luc Mélenchon jeudi dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux.

Évoquant "deux rendez-vous" au sujet des mobilisations de jeudi et samedi, il déclarait: "Je vous demande vraiment de faire l'effort dans cette bataille". Et de s'adresser à "ceux pour qui ce sera la première fois dans leur vie": "Ça a va être une grande étape de l'histoire sociale de la France". Un appel clair à la mobilisation.

"Tout ça converge"

Après que les syndicats ont déjà donné le la jeudi, et en l'absence des autres composantes de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), l'insoumis assure néanmoins que "tout ça converge, tout ça va dans le même sens".

"Le 21, c'est un samedi, ça veut dire que tous ceux qui ne sont pas salariés, qui n'ont pas pu faire la grève - qu'ils soient au chômage, qu'ils soient jeunes en formation [...] retraités - auront la possibilité de se mobiliser", soulignait-il dans la vidéo déjà citée.

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Le risque des "débordements" pour "l'image de Jean-Luc Mélenchon"

Au-delà du nombre, "il y a un gros enjeu en termes d'images", selon Matthieu Croissandeau. "S'il y a des débordements alors ce sera terrible pour l'image de Jean-Luc Mélenchon" explique-t-il, soulignant que les manifestations de jeudi se sont déroulées sans incidents notables.

Pas question donc de faire un bis repetita de la polémique qui avait suivi "la Fête à Macron" en 2018. Cette année-là, malgré une ambiance de kermesse, entre pique-nique, fanfares et déguisements, certains chars avaient fait grincer des dents, à l'instar de celui avec une marionnette de Macron accrochée à une potence.

Article original publié sur BFMTV.com