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Pourquoi dormir "quatre heures par nuit" comme Gabriel Attal n'est pas sans conséquences sur la santé

"Il peut enchaîner plusieurs nuits sans sommeil, quitte à dormir plusieurs heures d'affilée le week-end", écrit Le Figaro. "Pas plus de quatre heures de sommeil par nuit", détaille Le Parisien.

De nombreux portraits peignent le nouveau Premier ministre Gabriel Attal comme un "travailleur infatigable", un trait souvent loué chez les dirigeants ou encore les grands chefs d'entreprise.

"Une dette de sommeil a un impact physique et mental", met toutefois en garde auprès de BFMTV.com le Dr Jonathan Taieb, médecin spécialiste du sommeil.

Une plus faible immunité

"Le sommeil permet de se reconstruire physiquement", explique Jonathan Taieb. Un nombre suffisant d'heures de sommeil de qualité permet "une stimulation de l'immunité" car cela "élimine les toxines accumulées dans la journée".

La Sleep Foundation montre ainsi qu'un manque de sommeil augmente les risques d'attraper un rhume ou une grippe car le corps ne sécrète pas assez de cytokines - nécessaire pour traiter les inflammations et infections. De plus, une personne malade ou blessée mais qui ne dort pas assez verra son rétablissement affecté car la réponse inflammatoire sera moins efficace.

Des études ont même montré que le manque de sommeil rendait les personnes allergiques plus susceptibles de faire une crise d'allergie, abaissant le seuil d'exposition nécessaire pour la déclencher.

Des risques de long terme pour la santé

À plus long terme, ne pas assez dormir peut poser d'importants problèmes de santé. Une étude de l'Inserm et de l'Université Paris Cité en collaboration avec l’University College London a montré que dormir moins de cinq heures par nuit augmente de 30% à 40% le risque de développer plusieurs maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires et le cancer, notamment après 50 ans. Le risque de mortalité est aussi 25% plus élevé.

Les privations chronique de sommeil ont aussi des conséquences néfastes sur "le système cardio-vasculaire, l'hypertension artérielle ou encore la prise de poids car le sommeil régule les hormones de la satiété et de la faim", explique Jonathan Taieb.

Le sommeil permet la synthèse de certaines hormones comme le cortisol ou l'hormone de croissance, impliquées dans le métabolisme du glucose, rappelle l'Inserm. La diminution de la durée de sommeil favoriserait ainsi "l'apparition d’une intolérance au glucose et l’évolution progressive vers le diabète de type 2".

Le sommeil est un "allié" de la santé mentale

"Le sommeil permet une reconstruction physique mais aussi psychique", indique Jonathan Taieb.

"Une mauvaise qualité/quantité de sommeil accentue le risque d’irritabilité et de symptômes dépressifs", prévient d'ailleurs l'Inserm. Les tâches à effectuer au quotidien peuvent donc se voir très affectées notamment "les tâches complexes, monotones, de longue durée, comportant une charge de travail importante, demandant une attention soutenue ou les tâches insuffisamment apprises".

Comme nous l'explique Jonathan Taieb, des études ont montré que ne pas dormir pendant 24 heures d'affilée pouvait s'apparenter à avoir un taux d'alcoolémie d'1g par litre de sang.

Le sommeil permet aussi la mémorisation des événements et éléments intégrés au cours de la journée. "Le sommeil est vraiment un allié et un élément de performance", assure le directeur de l'Institut médical du sommeil, qui estime qu'il faut le voir comme du "temps gagné" et non comme une "perte de temps".

Peut-on rattraper le sommeil en retard?

Selon Le Figaro, Gabriel Attal "rattrape" ses heures de sommeil en retard en dormant plus longtemps le week-end. Les spécialistes s'accordent toutefois pour dire que s'il est possible de rattraper un petit manque de sommeil avec des grasses matinées, on ne peut pas compenser chaque heure de sommeil perdue. Surtout, une privation chronique est mauvaise pour la santé.

"Rattraper au cours du week-end un manque de sommeil survenu en début de semaine ne vous aidera pas à mémoriser les choses qui auraient dû l'être à ce moment-là", affirme auprès de The Conversation Leonie Kirszenblat, neuroscientifique.

Jonathan Taieb insiste sur l'importance de la "régularité de l'horloge biologique" qui fonctionne sur 24 heures. Il rappelle également les bienfaits de la sieste en cas de manque de sommeil, "si elle est faite dans de bonnes conditions et avec une bonne durée", recommandant 20 minutes entre 13 et 15 heures pour "se regénérer".

En outre, s'il existe, par déterminisme génétique, des "petits dormeurs" qui n'ont besoin que d'environ 6 heures de sommeil par nuit pour être en forme, la majorité d'entre nous a besoin d'un minimum de 7 à 8 heures, certains "longs dormeurs" nécessitant même plus de 9 heures.

Article original publié sur BFMTV.com