En pleine course pour la présidence des LR, Éric Ciotti fait sa rentrée politique

Eric Ciotti le 10 avril 2022 à Paris  - Thomas COEX / AFP
Eric Ciotti le 10 avril 2022 à Paris - Thomas COEX / AFP

"Nous serons plus de 4.000", a promis le député vendredi sur Twitter, sous une photo du grand pré de Levens, dans l'arrière-pays niçois, où il s'exprimera vers 19h.
À trois mois de l'élection du président de LR, ce traditionnel "dîner des amis d'Éric Ciotti" permettra un étalage de forces pour le patron de la fédération des Alpes-maritimes, qui fait campagne sur la fermeté en matière de sécurité et d'immigration.

Ciotti croit dans "la confiance des militants"

Il affrontera le 3 décembre le président des sénateurs LR Bruno Retailleau, avec vraisemblablement pour challenger le numéro 3 du parti Aurélien Pradié.

"Je ne sais pas si je suis favori, mais je ressens, sur le terrain, la confiance des militants", a-t-il assuré samedi au journal Nice-Matin, en détaillant sa "ligne claire d'une droite populaire, fière d'elle-même, libérée du politiquement correct".

Cette droite non "édulcorée", pour ne pas laisser de place au Rassemblement national, parle à la base: "Les adhérents restés chez LR sont les purs et durs", estime un cadre du parti plutôt pro-Ciotti.

Très connu des sympathisants

Pour ce cadre, "l'élection se jouera sur deux facteurs: la notoriété, et là, Ciotti écrase le match, et la capacité à faire des cartes" d'adhésion.
La fédération LR des Alpes-maritimes est redevenue la première du pays avec 3500 adhérents (contre 3400 à Paris). Les fédérations ont jusqu'au 3 novembre pour recruter de nouveaux membres. Éric Ciotti aura le soutien du président des jeunes LR Guilhem Carayon, des députés Éric Pauget et Michèle Tabarot, de l'eurodéputée Nadine Morano... Mais certains chez LR s'inquiètent de son langage très musclé et des accointances idéologiques avec Éric Zemmour (Reconquête!), redoutant que l'aile modérée ne quitte le navire, notamment pour rejoindre Horizons d'Edouard Philippe, s'il devient patron de LR.

Retailleau, un concurrent sérieux

Les alliés centristes notamment sont sceptiques, Hervé Morin (Les Centristes) menaçant dans ce cas de rompre le lien avec LR.
Dans ce contexte, la candidature de Bruno Retailleau apparaît comme une alternative plus modérée, même si le sénateur de Vendée, héritier du parti de François Fillon Force républicaine, représente lui aussi l'aile conservatrice de LR. Il était même "chez Philippe de Villiers" avant de rejoindre l'UMP, a rappelé Éric Ciotti mardi sur RTL, en soulignant que lui-même était "issu du RPR" et "toujours resté fidèle" à sa famille politique. Bruno Retailleau a engrangé divers soutiens: Gérard Larcher, François-Xavier Bellamy, Philippe Juvin... Ancien porte-parole d'Éric Ciotti, le sénateur Stéphane Le Rudulier l'a aussi rejoint.

Une candidature clivante

La situation rappelle la primaire de 2021 lorsque Éric Ciotti était arrivé en tête du premier tour, à la surprise du parti, mais avait totalisé 39% seulement au deuxième contre une Valérie Pécresse jugée moins clivante.

"Le tout-sauf-Ciotti a débouché sur une situation vue comme un échec total par les militants. Mais le même moteur ne fonctionnera pas", assure-t-on dans l'entourage du député en soulignant qu'il a cette fois "beaucoup plus de soutiens, de fédérations, de cadres..."

Jouer sur le changement

Pour un pro-Retailleau, une différence tient à l'image d'Éric Cotti qui "a changé" et pourrait dissuader certains de reprendre leur carte: "Il n'y a plus l'effet surprise, et certains peuvent lui en vouloir d'avoir rallié Pécresse".
Dans sa stratégie, le député affiche un soutien sans faille à Laurent Wauquiez, l'une des rares figures charismatiques à LR, qu'il compte faire désigner dès 2023 candidat à l'élection présidentielle s'il prennait la tête de LR. L'élu des Alpes-maritimes sait aussi qu'il doit aussi sortir du seul régalien pour convaincre: s'il est élu à la tête de LR, le "cœur" de son projet "sera tourné vers une baisse des prélèvements obligatoires, des impôts et des charges", de l'ordre d""au moins 125 milliards d'euros", a-t-il assuré à Nice-Matin.

Article original publié sur BFMTV.com