Le planning familial américain accuse le film "Blonde" de véhiculer un message "anti-avortement"

Ana de Armas et Adrien Brody dans
Ana de Armas et Adrien Brody dans

Depuis sa diffusion en avant-première au Festival du film de Venise le 8 septembre et sa mise en ligne sur Netflix le 28 septembre, Blonde d'Andrew Dominik suscite de vives critiques.

Ce long-métrage, présenté comme un biopic de Marilyn Monroe avec Ana de Armas dans le rôle de la légende du cinéma, est notamment pointé du doigt pour sa manière assez crue de traiter le sujet de l'avortement.

Dans le film, basé sur le roman éponyme écrit par Joyce Carol Oates en 2000, Marilyn Monroe doit gérer deux avortements illégaux. Pour illustrer ces moments à l'écran, le réalisateur a fait le choix de reconstituer un fœtus en image de synthèse qui s'adresse directement à l'actrice.

"Tu ne me feras pas de mal cette fois-ci, n'est-ce pas ?", lui demande-t-il.

"Descriptions médicalement inexactes"

Interrogée par le média The Hollywood Reporter, la principale organisation de planning familial américain, Planned Parenthood, juge cette scène stigmatisante et accuse le long-métrage d'être le relai d'un message anti-avortement.

"Alors que l'avortement est un soin de santé sûr et essentiel, les fanatiques anti-avortement ont longtemps contribué à la stigmatisation de cette pratique en utilisant des descriptions médicalement inexactes des fœtus et de la grossesse. Le nouveau film d'Andrew Dominik renforce leur message avec un fœtus parlant en images de synthèse, représenté comme un bébé complètement formé", assure Caren Spruch, directrice nationale de l'engagement dans les arts et le divertissement de Planned Parenthood.

Et d'ajouter: "Le planning familial respecte la liberté artistique. Cependant, ces fausses images ne servent qu'à renforcer la désinformation et à perpétuer la stigmatisation autour des soins de santé sexuelle et reproductive. C'est une honte que les créateurs de Blonde aient choisi de contribuer à la propagande anti-avortement et de stigmatiser plutôt les décisions de santé des gens."

Dans une interview pour le média The Wrap, le réalisateur de Blonde, Andrew Dominik s'est défendu face à ces accusations. Il assure ne pas avoir voulu véhiculer un tel message et explique que cette interprétation par le public provient en partie du timing de la sortie du film, à trois mois de la révocation du droit à l'avortement par la Cour suprême aux États-Unis.

"Les gens sont de ce fait plus préoccupés par les pertes de libertés. Mais tout le monde s'en serait foutu si j'avais fait le film en 2008. Probablement personne ne s'en souciera dans quatre ans, et pourtant le film n'aura pas changé", a-t-il déclaré.

Article original publié sur BFMTV.com