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"Le pire, c'est l'attente": l'Islande retient son souffle face au volcan Fagradalsfjall

Depuis plusieurs jours, l'activité sismique et les remontées de magma vers la surface ont plongé dans l'inquiétude des milliers d'Islandais qui vivent à proximité du volcan Fagradalsfjall, dans le sud-ouest de l'île. L'état d'urgence a été déclaré et, pour la première fois depuis 1973, les 4.000 habitants de la ville de Grindavik ont dû évacuer dans la nuit de vendredi à samedi.

L'éruption, qui peut survenir à tout moment, menace la localité. Si la lave devait se diriger plus vers le sud et l'océan Atlantique, elle pourrait causer des dégâts biens moindres.

"Peut-être que je ne reverrai plus ma maison"

Après avoir été évacués samedi, des habitants de Grindavik ont été autorisés à retourner chez eux ce lundi, pendant seulement quelques minutes, pour prendre quelques affaires. C'est le cas de Fjola, qui a dû quitter précipitamment sa maison à cause des tremblements de terre.

"Je veux récupérer plus de vêtements, des photos, des affaires personnelles", dit-elle au micro de BFMTV. "Je suis heureuse, et reconnaissante, de pouvoir retourner chez moi aujourd'hui, mais je suis aussi triste: c'est beaucoup d'émotions".

De son côté, Inga raconte avoir eu le temps de prendre des "vêtements, des jouets, mes clubs de golf" et un tableau que son mari a peint. "Je voulais y aller pour voir ma maison. Peut-être que je ne la reverrai plus, je ne sais pas", dit-elle.

La zone est bouclée par la protection civile islandaise. Car le magma continue de remonter vers la surface. En cas d'éruption du Fagradalsfjall, la ville de Grindavik, douze petits kilomètres plus bas, sera en première ligne. Et pourrait même être rayée de la carte.

"Tout est possible", expliquait lundi à BFMTV.com le géologue Olgeir Sigmarsson chercheur au CNRS associé au laboratoire Magmas et Volcans de Clermont-Ferrand.

Activité sismique intense

En plus de l'éruption volcanique, l'activité sismique met en danger la population. Vendredi, 800 tremblements de terre ont été enregistrés dans la région de Grindavik. "Il y a beaucoup de crevasses sur les routes, beaucoup de fissures qui traversent les maisons aussi", affirme à BFMTV Gudjon Rafnar, membre de la protection civile islandaise. "Il y a aussi des fuites d'eau chaude sous le sol parce que des canalisations sont arrachées", précise-t-il.

Ceux qui n'ont pas pu rejoindre d'autres régions de l'île ont pu trouver refuge dans des gymnases gérés par la Croix-Rouge. "Nous sommes en sécurité, mais le pire, c'est être dans l'attente", résume Predrag. "Peut-être que le mieux serait qu'il se passe quelque chose", dit-il. Quelque chose "de pas trop grave bien sûr, mais pour que nous puissions être fixés."

Car malgré les séismes à répétitions, les impressionnantes fissures observées sur les routes et les relevés des scientifiques indiquant que le magma se rapproche de la surface, il est possible que l'éruption n'ait pas lieu. Si un tel scénario devait se produire, les habitants de Grindavik pourraient ne pas pouvoir rentrer chez eux avant une quinzaine de jours.

Article original publié sur BFMTV.com