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Pierre Moscovici dénonce "des accusations infondées" sur un report d'un rapport sur l'immigation

Le Premier président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, a dénoncé ce jeudi 18 janvier des "accusations infondées" après les critiques, notamment de LR, sur un report par la Cour d'un rapport sur l'immigration.

La publication du rapport avait été reportée du 13 décembre au 4 janvier, soit après l'adoption par le Parlement de la loi sur l'immigration, ce que le président du groupe LR à l'Assemblée, Olivier Marleix, avait jugé "scandaleux", comme d'autres personnalités du parti.

"Défendre l'impartialité, la neutralité de la Cour"

Pierre Moscovici s'était déjà défendu en début de mois, indiquant avoir reporté la diffusion du rapport pour qu'il ne soit pas "déformé, utilisé", et pour ne pas "interférer avec un vote sous pression du Parlement".

Jeudi, en présentant ses voeux, il a estimé que la Cour avait été "l'objet d'accusations totalement infondées".

"Ce n'est pas par volonté de dissimuler au Parlement et au grand public une information que j'ai été amené à proposer cette décision, c'est par une volonté de défendre l'impartialité, la neutralité de la Cour et sa réputation", a-t-il assuré.

"Absurde"

Il a laissé entendre qu'il se rendrait au Sénat la semaine prochaine pour une audition sur cette affaire. "Chaque fois qu'on nous demandera d'aller devant le Parlement, nous irons (...) Mais honnêtement, prolonger cette polémique est à la limite de l'absurde", a-t-il lancé, évoquant un "incident largement artificiel qui devrait être clos depuis longtemps".

Le Premier président a remarqué que pour l'essentiel, "la programmation et le calendrier des publications de la Cour (...) relèvent du seul ressort" de celle-ci, rappelant qu'elle est "à équidistance entre le gouvernement et le Parlement", et "totalement indépendante".

"Ce qui s'est passé (le report, NDLR) n'est en rien un précédent", a-t-il ajouté.

Selon Pierre Moscovici, la Cour des Comptes "n'a jamais été aussi transparente qu'aujourd'hui", puisqu'elle publie "100%" de ses rapports, alors que jusque-là "les 3/4" restaient confidentiels.

Le rapport de la Cour sur la politique de lutte contre l'immigration irrégulière appelait notamment l'Etat à "mieux s'organiser" pour mener à bien les expulsions d'étrangers sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), qui ne se concrétisent que dans environ un cas sur dix.

"Le message du rapport reste totalement d'actualité : en matière de lutte contre l'immigration irrégulière, il faut avant tout agir de manière plus déterminée et efficace", a affirmé Pierre Moscovici.

Article original publié sur BFMTV.com