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PFAS : les recommandations de films de ce député écolo ne sont pas du goût du ministre Roland Lescure

POLITIQUE - PFAS. Quatre lettres au cœur de tous les débats ce jeudi 4 avril à l’Assemblée nationale. Les députés ont commencé l’examen d’une proposition de loi visant à réglementer l’utilisation des PFAS, surnommés « polluants éternels ». L’adoption du texte est incertaine face aux réserves du camp présidentiel, sous pression des industriels.

PFAS : cette proposition de loi contre les polluants éternels qui pourrait signer la mort de Tefal

Alors pour convaincre, le député Charles Fournier des Écologistes – groupe à l’origine de la proposition dans le cadre de sa niche parlementaire – a usé d’arguments cinématographiques. À la fin de son intervention à la tribune, il a interpellé ses collègues : « Je voudrais vous dire aussi d’aller voir deux films pour pouvoir bien mesurer le sujet ».

Le premier, Dark Waters, est sorti en 2019. Réalisé par Todd Haynes, il raconte l’histoire vraie de Robert Bilott, un avocat qui lutte contre les dangers du PFOA (acide perfluorooctanoïque), composant utilisé autrefois par la société DuPont et incriminé dans des pollutions, notamment aux États-Unis. Ce composant est interdit en Europe depuis 2009. Le second film, Toxic Bodies, réalisé par l’activiste Camille Étienne, alerte sur les polluants éternels que l’on retrouve partout dans notre quotidien, des ustensiles de cuisine aux vêtements, en passant par les produits cosmétiques.

« Merci Dark Waters »

Quelques minutes plus tard, le ministre de l’Industrie Roland Lescure s’est saisi du micro pour lui répondre : « Moi, je crois à la science, je crois à la loi fondée sur les faits. Je ne crois pas, désolé, à la loi émotionnelle ». Bien qu’il reconnaisse « la capacité d’un certain nombre de documentaires, de films et de reportages à susciter la sensibilisation des populations ».

Dark Waters « est un film qui a effectivement accru la sensibilisation des populations sur des phénomènes observés aux États-Unis mais en aucun cas (...) observés en France et en Europe, liés à une contamination extrêmement importante des nappes phréatiques par des comportements déviants de la part des industriels américains sur deux PFAS, qui sont désormais interdits, le PFOA et le PFOS », a-t-il ajouté. « Donc merci Dark Waters mais en l’occurrence, rien à voir avec le schmilblick », a balayé Roland Lescure.

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