Qui sont les personnes non-binaires ?

Maxime Poul
·3 min de lecture
Chaque année, la Marche des fiertés (ou Gay Pride) est organisée dans de nombreux pays afin de donner une visibilité aux personnes LGBTQIA+.

Ce dimanche 10 janvier, Zone Interdite sur M6 consacre son émission aux personnes qui ne se reconnaissent dans aucun des deux genres dits “classiques”. Non-binaires, gender fluid... À quoi ces genres correspondent-ils ?

Tendance éphémère ou mutation profonde de notre société ? C’est la question que se pose l’émission Zone interdite de M6 concernant les personnes qui se disent neutres ou non-binaires. Depuis quelques années, de plus en plus de jeunes ne se sentent ni homme, ni femme. Selon un sondage 20Minutes et OpinionWay, 13% des Français âgées entre 18 et 30 ans ne s’identifient à aucun des deux genres et se qualifient en tant que non-binaires.

La non-binarité est le fait de “rompre avec l’ordre des genres, c’est-à-dire refuser de s’inscrire en tant qu’homme ou en tant que femme”, expliquait aux Inrocks la sociologue Karine Espineira, également membre associée du Laboratoire d’études de genre et de sexualité à l’Université de Paris 8. Il s’agit d’un phénomène de plus en plus visible qui bouleverse les représentations traditionnelles du féminin et du masculin. Les personnes non-binaires refusent que leur sexe définisse leur identité de genre. Il est donc important de rappeler qu’un non-binaire est différent d’une personne trans, qui est une personne dont le genre ressenti ne correspond pas à son sexe biologique. Le fait d’être non-binaire n’a cependant rien à voir avec l’orientation sexuelle ou le désir de changer de sexe.

EN IMAGES >>> Ces stars se définissent comme non-binaires, agenres ou gender fluid

Il existe aussi le fait d’être “gender fluid”, que l’on peut traduire par “genre fluide”, qui est souvent associé à la non-binarité par sa neutralité mais qui est en réalité différent. Les gender fluid sont des personnes qui se sentent parfois homme et parfois femme, et changent donc de genre au cours de leur vie.

D’où vient ce “mouvement” ?

Interrogée par France 3, l’anthropologue Maud Yeuse Thomas, co-fondatrice de l’Observatoire des transidentités, estime qu’il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau : “La non-binarité a toujours existé, mais de manière discrète, comme les personnes trans, intergenres. Des termes adéquats manquaient face à une société et une culture binaire hégémonique, c’est-à-dire ne reconnaissant pas cette identité.” Si ce mouvement a donc toujours existé, il a émergé ces dernières années expliquer Karine Espineira à 20Minutes : “On a vu émerger ce mouvement dans la mode vers 2014. Et dans le même temps, on a observé une vague transgenre dans les médias et la culture.” C’est d’ailleurs en 2014 qu’a été créé le drapeau de la fierté non binaire.

Nul doute que les réseaux sociaux, qui participent à la libre circulation des idées, ont aider les jeunes d’aujourd’hui à rendre ce sujet moins tabou. De nombreuses stars comme Elliot Page, Sam Smith ou encore Bex Taylor-Klaus ont revendiqué leur non-binarité et ont contribué à sa popularisation. Il en est de même avec les gender fluid que sont Miley Cyrus, Cara Delevigne ou encore Ruby Rose.

De plus en plus présent de nos jours, le mouvement LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans) est d’ailleurs devenu LGBTQIA+. Le “Q” pour “Queer” qui veut dire “bizarre” en anglais et fait référence à toutes les orientations et identités sexuelles qui s’éloignent de la norme ; le “I” pour “Intersexuel” qui caractérise les personnes nées avec des caractéristiques sexuelles à la fois féminines et masculines ; le “A” pour “Asexué” qui caractérise les personnes qui ressentent peu ou pas d’attirance sexuelle ; le “+” pour toutes les identités de genre.

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