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Open d'Australie: "des génies!", qui sont ces supporteurs français qui mettent une ambiance de feu à Melbourne

Jeudi soir, Arthur Cazaux s’est présenté en conférence de presse avec un léger retard. On ne lui en voudra pas d’avoir priorisé les fans français présents dans la Margaret Court Arena et qui l’ont accompagné dans la victoire, allant même jusqu’à provoquer Holger Rune en mimant un môme en train de pleurnicher.

Le président de la Fédération française leur a offert le champagne

"Je suis allé remercier les supporteurs", disait Arthur Cazaux. "Ils doivent être une quinzaine. Ils ont mis un bordel monstrueux, une ambiance de dingue." Le Montpelliérain les a retrouvés dans un bar du stade car ils avaient été conviés par Gilles Moretton, le président de la FFT, à partager une coupe de champagne. Depuis le coup d’envoi de cet Open d’Australie, on ne voit que du bleu dans les tribunes et on entend beaucoup de chants, notamment un "Cha la la la" très entraînant.

"Ils m'ont aidé au premier tour", racontait Arthur Cazaux. "Je leur avais promis de leur filer des tickets s’ils en avaient besoin." Un discours tenu également par Océane Dodin, Ugo Humbert ou Luca Van Assche, saisi par ce soutien lors de son deuxième tour face à Lorenzo Musetti. "Ce sont des génies, on se serait cru à Roland-Garros", s’extasiait le Parisien.

Ugo Humbert a bien apprécié l’ambiance créée autour du court 8 lors de son deuxième tour face au Chinois Zhang. "Les gars, ils m'ont bien poussé", disait le Lorrain. "Il y en a un spécialement, que je connais depuis un an, je lui ai dit, je joue sur un petit court, je veux une ambiance Coupe Davis. Ils m'ont poussé, à la fin j'étais transcendé. Je sentais que ça pouvait plus m'échapper."

On comptabilise une vingtaine de fous furieux. Les liens d’amitié remontent à 2023. "Ça a commencé l’année dernière, on était sur le match Mannarino-De Minaur", raconte Maxime, 22 ans. "On était deux et on trouvait qu’il y avait trop de bruit pour les Australiens. On a crié un ou deux 'Allez Manna!' et on s’est retrouvés à cinq puis six Français et on s’était dit qu’on allait recommencer cette année. Le groupe est incroyable."

"On a tissé un lien très spécial avec Caroline Garcia, elle nous avait obtenu des tickets pour son match face à Osaka", glisse Meziane, qui vient du Mans et qui a été entraîné au tennis par le père de… Jo-Wilfried Tsonga. Il savoure l’impact que ce groupe procure. On a discuté avec le président Moretton qui nous a relayés cette ferveur qui se dégage avec tous les "PVTistes".

Traite de vaches ou cueillettes de fruits

"PVTistes". Voilà peut-être un terme barbare mais les Permis de Vacances Travail sont une spécificité australienne. Une aubaine pour mûrir. Maxence, 22 ans, originaire de Valence (Drôme), raconte son cheminement personnel. "Après ma Licence, je ne savais pas trop quoi faire. J’avais quelques lacunes en anglais, j’ai décidé de partir au bout du monde, de quitter ma zone de confort. Le PVT, ça nous permet de travailler, de prendre nos vacances quand on veut. Le cadre de vie est incroyable et les salaires aussi."

Les jobs sont divers et variés. "Ça va de traire des vaches dans une prairie, faire des cueillettes de fruits, de servir dans un roof top à Melbourne, de travailler dans un bateau à Sydney, promener des chiens", énumère Maxence. "J’encourage tous les jeunes français à faire ça."

"Fan professionnel" – 18 tournois à son actif en 2023 –, Maxime, qui a fait le voyage de France, a les yeux qui brillent. Il envie presque son nouvel ami. Mais il n’est pas l’heure de se projeter. Il y a encore un paquet de Bleus à aller soutenir. Ils ont même promis à Ksenia Efremova, 14 ans, de venir l’encourager lors du tournoi juniors. On n’a pas fini d’entendre des "Cha la lala la" dans Melbourne Park.

Article original publié sur RMC Sport