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Nvidia : 5 choses à savoir sur le maître de l’intelligence artificielle devenu troisième capitalisation boursière au monde

Début mars, le spécialiste des processeurs graphiques Nvidia est devenu la troisième plus grosse entreprise en bourse du monde. L’occasion d’en savoir plus sur cette société née dans un fast-food il y a plus de trente ans.

Nvidia : 5 choses à savoir le maître de l’intelligence artificielle devenu troisième capitalisation boursière au monde (Crédit : Jonathan Raa/NurPhoto)

1 - Sur le podium des entreprises les plus valorisées au monde

Vous connaissiez les célèbres Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), il va falloir s’habituer aux "7 fantastiques", le nom donné par les investisseurs en référence au film Les 7 mercenaires. Les géants de la tech, qui règnent sans partage sur les Bourses mondiales du monde entier depuis le début du siècle, sont maintenant accompagnés par Tesla et le moins connu Nvidia dans la cour des très grands. Le nouveau roi de l’intelligence artificielle a dépassé début mars Saudi Aramco pour devenir la troisième plus grande entreprise mondiale, avec une capitalisation boursière de 2 053 milliards de dollars derrière Amazon et Alphabet (maison-mère de Google).

Valorisé à 500 millards de dollars début 2023, le fabricant de cartes graphiques a quadruplé sa valeur en quatorze mois. Aujourd’hui, seuls Microsoft et Apple pèsent davantage sur les marchés malgré un chiffre d’affaires qui ne la classe pas dans la même catégorie : Nvidia ne figure même pas dans le top 150 mondial. "Son chiffre d'affaires de 60 milliards de dollars est en très forte croissance. Il est vrai que c'est peu comparé à des mastodontes comme Amazon, confesse Alexandre Baradez, analyste chez IG France, sur France 24. Mais le gros avantage de Nvidia, et c'est ce qui explique sa valeur en Bourse, c'est qu'il y a des marges brutes absolument titanesques, actuellement de 74%. Donc quand vous vendez un objet à un euro, il vous reste 74 centimes. C'est une rentabilité énorme pour une entreprise comme celle-ci", éclaircit-il.

2 - Les jeux vidéos lui ont permis de décoller…

Le géant des semi-conducteurs a été fondé au début des années 1990, avant Google et Amazon. En 1993, trois ingénieurs (Jensen Huang, Curtis Prime et Chris Malachowsky) attablés à un fast-food de la côte ouest américaine s’associent pour fonder Nvidia du latin invidia qui signifie "envie". Avec un temps d’avance sur tout le monde, le trio parie sur le succès des jeux vidéos et commence par concevoir des puces graphiques, les GPU (pour Graphic Processing Init), un composant essentiel pour obtenir un rendu d’images fluide.

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Les débuts sont laborieux et l’entreprise frôle la faillite "après l'échec commercial de sa première puce en 1995", racontent Les Échos. À l’époque, aucune entreprise ne trouve d’intérêt à ce produit destiné à un loisir de niche. La suite donnera raison aux trois entrepreneurs. Dopé par le boom des jeux vidéos partout dans le monde, le fabricant de cartes graphiques devient une référence dans le monde du gaming grâce à son savoir-faire et à la qualité de ses produits.

3 - …. et ChatGPT l’a propulsé au sommet

Près de trente ans après l’essor de l’industrie du gaming, Nvidia profite d’une autre révolution : celle de l’intelligence artificielle. L’arrivée fracassante de ChatGPT en novembre 2022 s’est traduite par une importante hausse de la demande pour ses produits. Pourquoi un tel succès ? Les puces graphiques imaginées par Nvidia, en situation de quasi monopole sur ce marché, sont essentiels au bon fonctionnement des outils d'intelligence artificielle générative. Ses processeurs graphiques dédiés à l’intelligence artificielle sont considérés comme les plus avancés et tout le monde se les arrachent quitte à payer le prix fort. "Quasiment chaque fois que vous interagissez avec ChatGPT, chaque fois que vous utilisez Midjourney (générateur d'images), chaque fois que vous générez ces incroyables vidéos avec Sora (dernier-né d'OpenAI) ou Runway, Nvidia fait de l'inférence", observe Jensen Huang, le cofondateur et PDG de l’entreprise.

Dans la frénésie de l'IA, le monde s'arrache les puces GPU (Crédit : Getty Images)
Dans la frénésie de l'IA, le monde s'arrache les puces GPU (Crédit : Getty Images)

4 - Jensen Huang, le visage de Nvidia

Si l’on vous dit Facebook, vous pensez immédiatement à Mark Zuckerberg. Vous associez aisément Microsoft à Bill Gates et Apple au regretté Steve Jobs. Lorsque l’on parle de Tesla, Elon Musk est inévitable. Le constat n’est pas vraiment le même pour Nvidia. Jensen Huang, cofondateur et PDG du fabricant de puces électroniques, pèse tout de même 80 milliards de dollars grâce au succès insolent de son entreprise. Le patron figure désormais parmi les 20 personnes les riches au monde.

Sa réussite, le patron sait à qui il la doit. "Je suis le fruit des rêves de mes parents. Chaque jour, ma mère, qui ne parlait pas anglais, choisissait 10 mots au hasard dans le dictionnaire, nous demandait de les épeler et de donner sa définition", avouait en 2018 Jensen Huang à la chaîne d’information américaine CNBC.

Jensen Huang, le visage de Nvidia (Crédit : Walid Berrazeg/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)
Jensen Huang, le visage de Nvidia (Crédit : Walid Berrazeg/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

5 - Une situation de quasi-monopole qui interroge

Nvidia contrôle environ 80% du marché des puces d'IA avancées lui offrant un quasi-monopole sur ce marché en pleine expansion qui devrait voir des concurrents sérieux émerger assez rapidement. Cette situation profitable lui permet de gonfler les prix. La H100, sa puce la plus demandée et indispensable à l’IA, coûte 40 000 dollars pièce. Ce processeur serait "encore plus difficile à obtenir que de la drogue", a plaisanté Elon Musk qui en a acheté des "milliers". Mark Zuckerberg a annoncé en janvier l’achat de 350 000 puces pour Meta d'ici la fin de l’année.

L’entreprise, qui règne sans partage sur le marché, serait dans le viseur de l’Union européenne. Selon des informations de Bloomberg datant de septembre 2023, Bruxelles aurait diligenté des investigations sur le groupe de Santa Clara, cherchant à déterminer s’il s’est rendu coupable d’abus de position dominante. Pas certain que cette enquête ne parvienne à freiner les ambitions du nouveau roi de l’intelligence artificielle dans le monde.