Mossoul a été libéré de Daech il y a cinq ans, mais les chrétiens ne sont pas revenus

PHOTO ZAID AL-OBEIDI/AFP

“Les chiffres confirment que le retour des chrétiens dans la région de Ninive, en particulier dans la ville de Mossoul, est encore très faible et, dans certaines zones, inexistant”, plus de cinq ans après la victoire proclamée en 2017 par les forces irakiennes contre le groupe djihadiste État islamique (EI), qui avait pris le contrôle de ce secteur du nord de l’Irak trois ans plus tôt, écrit le site irakien d’information indépendant Al-Alam Al-Jadid.

À l’arrivée de Daech – acronyme arabe de l’EI – en 2014, les chrétiens de Mossoul ont été contraints de quitter la deuxième ville d’Irak pour s’installer ailleurs dans le pays, principalement autour d’Erbil, dans le Kurdistan irakien voisin, ou à l’étranger.

Avant l’avènement de l’organisation djihadiste qui avait fait de la ville la capitale de son éphémère émirat islamique, Mossoul comptait un millier de familles chrétiennes. Aujourd’hui, d’après le prêtre Raëd Adel, responsable des églises syriaques catholiques de Mossoul, “le nombre de rapatriés [chrétiens] ne dépasse pas 150”. L’équivalent de 70 familles, soit moins de 1 % des chrétiens qui habitaient la ville.

Changement démographique

Parmi les “nombreux obstacles” à leur retour, note Al-Alam Al-Jadid, “la lenteur de la reconstruction de la ville”, détruite par les combats dévastateurs et les bombardements aériens ayant permis aux forces irakiennes de reconquérir la ville en 2017.

Mais aussi “le manque de confiance des chrétiens vis-à-vis de l’environnement social”. La plaine de Ninive est aujourd’hui contrôlée par les milices chiites pro-Iran, accusées par le patriarche de l’Église chaldéenne, le cardinal Louis Raphaël Sako, de “provoquer un changement démographique” en saisissant les biens appartenant aux chrétiens et aux sunnites.

Et ce, poursuit le site, “malgré les dizaines de séminaires et de conférences pour la coexistence et la paix organisés par des organisations internationales et locales” et “les promesses faites par le gouvernement de soutenir ce retour” en termes de sécurité et d’emploi, notamment sur les chantiers des maisons et des lieux de culte détruits par les combats ou pillés par les djihadistes. Sur la trentaine d’églises et de monastères que compte Mossoul, seules trois ont été reconstruites.

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