Mort de Constantin II, le dernier roi de Grèce

PHOTO ERIK PETERSEN/AFP

“Un grand chapitre de l’histoire contemporaine grecque s’est refermé, sans bruit”, décrit Protagon pour évoquer la mort de Constantin, 82 ans, roi de Grèce entre 1964 et 1974. Couronné à l’âge de 23 ans, il fut le dernier roi de Grèce. Sans regret, commente le média d’opinion :

“La monarchie était-elle un cancer ? Sans aucun doute. C’était un anachronisme, une trahison des rêves des héros de la révolution de 1821, un incroyable gaspillage de ressources quand le peuple était affamé.”

Mais, reprend Protagon, “qu’on le veuille ou non, [Constantin] était une personnalité du XXe siècle, mais aussi le visage d’une période mouvementée et d’une tragédie nationale”. Une référence à l’instabilité politique qui a prévalu dans le pays au cours de la seconde partie du siècle dernier et, surtout, à l’accession au pouvoir des Colonels (1967-1974) à la faveur d’un coup d’État. Or, dénonce Protagon, “il n’a rien fait pour les empêcher de prendre le pouvoir en avril 1967”.

13 millions d’euros

À la chute de la dictature et au retour d’exil de Constantin, la fin de la monarchie est actée par référendum : 70 % des Grecs se prononcent en faveur de l’établissement d’une république parlementaire et mettent ainsi fin à la dynastie danoise instaurée en 1863 par l’arrière grand-père de Constantin II, Georges I.

“Il n’a jamais accepté sa destitution”, assure le média grec, rappelant les paroles de l’ancien roi dans une interview télévisée en 2016 :

“Je ne suis pas l’ancien roi Constantin, je suis le roi Constantin, point final.”

Protagon rappelle en outre l’existence d’un projet ourdi entre 1975 et 1977 visant à faire assassiner le Premier ministre de l’époque, Konstantinos Karamanlis, afin de faire revenir Constantin au pouvoir.

Son rapport avec l’État grec restera conflictuel, Constantin réclamant et obtenant plus de 13 millions d’euros de réparation de la part de l’État qui avait confisqué les biens de la famille royale. “Impénitent jusqu’au bout, son règne a beaucoup coûté”, conclut le média grec.

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