Mondial 2022 : le Qatar soupçonné d’avoir espionné des personnalités critiques

IBRAHEEM AL-OMARI/REUTERS

C’est un “coup supplémentaire porté à l’édifice qatari, qui semble vaciller de plus en plus”, note Le Temps. “Entre boycott, controverses, annulations de fan zones ou encore plaintes pour désastre environnemental”, la Coupe du monde de football qui doit débuter le 20 novembre au Qatar a “une nouvelle fois fait parler d’elle avant même d’avoir commencé”, remarque le quotidien suisse.

Selon une enquête réalisée par The Sunday Times et The Bureau of Investigative Journalism diffusée le dimanche 6 novembre, des journalistes, des personnalités du monde du sport – dont Michel Platini – et des dirigeants politiques ont été les cibles de hackeurs indiens embauchés afin de protéger la réputation du Qatar dans le cadre de l’organisation du Mondial de football 2022. Ces personnalités ont été visées en raison de leurs enquêtes ou de leurs prises de position critiques quant à l’attribution de la Coupe à l’émirat et son organisation.

La plupart des “personnalités piratées étaient des détracteurs du Qatar qui avaient menacé de dénoncer des actes répréhensibles avant la Coupe du monde”, explique The Daily Telegraph.

“Hackeurs à louer”

“Les pirates du Net” auxquels a eu recours le Qatar sont “connus sous le nom de ‘Hackeurs à louer’” et “opèrent à travers toute l’Inde”, remarque le journal indien Mint. “Ils infiltrent les boîtes e-mail et les téléphones des VIP et des États en échange d’argent”.

Selon l’enquête du Sunday Times, le Qatar s’est tourné vers ce groupe indien de hackeurs dès 2019 par l’intermédiaire d’anciens agents de police ou du renseignement britanniques travaillant désormais dans le secteur privé.

“Les révélations du Sunday Times semblent s’inscrire dans la guerre de l’information que se livrent depuis plusieurs années le Qatar et son voisin et rival du Golfe, les Émirats arabes unis, remarque la Tribune de Genève. À plusieurs reprises, des informations sensibles issues de l’un ou l’autre camp ont été piratées et divulguées ensuite sur Internet ou dans la presse.”

Interrogés par le Sunday Times, des avocats du gouvernement qatari ont démenti l’implication de Doha dans cette vaste opération de piratage.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :